
Jusqu’il y a 2 ans, la scène d’Hambourg dominait la sphère deep-house européenne grâce à deux labels : Dial et Smallville (nouvel onglet), et une poignée d’artistes (dans le désordre, on peut citer John Roberts, Moomin, Smallpeople, Christopher Rau ou bien encore Efdemin) ayant tous sortis de remarquables albums. Mais cette scène langoureuse est vite devenue trop précieuse, si ce n’est chiante, car pantouflarde. Les dernières releases des deux labels hambourgeois n’ont provoqué qu’un vague émoi et pourtant, on attend toujours les sorties de ces maisons avec impatience tant on sait qu’ils sont capables à nouveau de nous surprendre. L’été étant la période idéale pour siroter son mojito à l’ombre d’une basse soyeuse, l’impeccable album de Steven Tang (nouvel onglet) arrive à point nommé.
Cela fait 15 ans que l’américain, domicilié à Chicago, prépare en douce son album, 15 ans qu’il fignole son projet. Putain, 15 ans ! A ce niveau là, ça ne relève même plus du pointillisme mais plutôt de l’acharnement. Le résultat, Disconnect To Connect, est un album de deep-house qui pue la classe à tous les niveaux tout en étant bloqué dans un conservatisme parfois poussé.
L’œuvre s’ouvre et se ferme sur deux titres sci-fi ayant plus de 10 piges. Ces morceaux off-beat feront figure de parenthèses, permettant de mieux piéger l’auditeur dans la spirale analogique à venir. Car Steven Tang, comme tout fan de house à l’ancienne, et finalement comme tout bon producteur de Chicago, est un puriste des Roland, un mec maniant la 303 et la 808 à la perfection, tout en ayant toujours en tête l’esprit D.I.Y.
Disconnect To Connect déroule sa deep-house à la perfection, dans un souci de toujours maintenir l’hypnose, comme avec cette foutue cloche répétitive de Potential Light qui reste en tête bien après la fin du morceau. A ce titre, deux morceaux sortent du lot : Heat Burst et Sunspot. En étant plus remuants et rachitiques, ces deux titres acid-house se révèlent étonnamment offensifs (toutes proportions gardées) tout en restant bien droits dans leurs bottes. Pour le reste, on est clairement en terrain connu, alternant plages langoureuses et précieuses (Disconnect To Connect, Some Solace) et morceaux jouant sur la frustration (le formidable Eternal qui ne lache jamais le beat).
Alors oui, ça n’apporte rien de nouveau mais en même temps, ce n’est pas ce que l’on demande à ce genre de disque. Disconnect To Connect sera seulement votre nouveau partenaire deep-house pour les mois à venir en attendant la prochaine galette de ce calibre. Et sincèrement, c’est déjà beaucoup. Comme quoi, le conservatisme, ça a parfois du bon.






Brasser la merde
5 commentaires
Bobby
Cet album est une bombe absolue, Tang est completement virtuose dans sa maitrise des classiques,
B2B
Une bombe ? Je le trouve bien, très bien même... mais quand même un ton en dessous des albums de Moomin, Smallpeople ou Christopher Rau (1er album seulement). Cependant, Smallville s'en sort mieux que Dial depuis quelques temps.
Bobby
En dessous de Moomin et Smallpeople, peut être. Au dessus de Rau à mon gout, après çà se discute comme dit l'autre. Ce que je recherche dans un album de deep house est très ciblé, si je me fais surprendre, tant mieux, c'est du bonus. Cà sonne comme du Planet E ou du Trax? Tant mieux. Tout le monde ne peut pas ajouter sa touche personnelle comme Thaemlitz, Kozalla, Harris ou Loffler sans tomber dans mauvais le gout/sentiment dégoulinant. Le pire restant les albums cheezy à souhait qui pullulent en ce moment. Une bombe, j’exagère? Surement. L'album n'en demeure pas moins maîtrisé, élégant et relativement sexuel. Parfait. De toute façon, je l'aurais oublié dans 6 mois et le redécouvrirais dans 3 ans, comme à chaque fois.
faya
Je vous très indulgent avec Moomin, album ultra surcoté pour moi. Indigence rythmique, platitude des atmosphères et prods fadasses. Un disque représentatif de la mollesse dans laquelle est enfermé un certain son deep européen.
Ce Steven Tang revient à une prod certes classic mais non dénué d âme et de sincérité qui fait mouche lui.
shadowbox
j'ai beau l'écouter en large et en travers, ça ne rentre pas. par contre l'intro est excellente et au final, les pistes pour lesquelles j'ai un réel intérêt sont celles qui n'ont pas de rythmique 4x4, hormis Potential Light. peut-être aussi Disconnect To Connect et sa deep house à la fois ensoleillée et mélancolique typique de chez Smalville. vraiment pas accroché aux virées pseudo acides, je trouve ça assez vide. bref pas fameux, fait un bout maintenant que chez Smallville on n'a pas eu droit à une bombe, une vraie, mis à part quelques maxis bien envoyés mais qui là aussi datent déjà. sinon pour ajouter ma merde à l'édifice fécal: The Story About You---------->Salty Days---------------->One-------------------------------------------->tout le reste (moins quelques maxis dont les fabuleux We Met in manchester de Juniper & Arnaldo, Believe in Reflecting de Roaming et Morning Funk de Bon & Rau)
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