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Pochette de Bed & Bugs

chronique · 26 novembre 2013 · Rock / Folk

Obits

Bed & Bugs

Quatuor fondé par Rick Froberg sur les cendres fumantes des Hot Snakes, les Obits publient cette année un troisième album sur lequel tension rock’n roll et décontraction surf se livrent un duel dont tout le monde sort gagnant.

par Mattooh

L’histoire discographique des Obits (nouvel onglet) a débuté en 2009 avec un I Blame You franchement bien gaulé, dans une veine garage-pop à l’ancienne rehaussée d’une pointe de grunge due à la voix délicieusement gravillonnée de Rick Froberg. Suffisant pour perpétuer le sans-faute de la discographie de Froberg, et consoler les fans éplorés des Hot Snakes et de Drive Like Jehu. Moody, Standard & Poor (2011) a en revanche déçu puisque le groupe la jouait trop le bras sur la portière, genre pour une fois on va un peu se le bâcler, ils y verront que du feu. Faux : on veille au grain. Joie : Bed & Bugs refait scintiller nos Obits comme au premier jour. Toujours sur Sub Pop.

Cet album surprend (un peu), et séduit finalement autant par ses pépites garage-punk ciselées à l’ancienne (les proprement imparables Taste The Diff, It’s Sick, This Girl’s Opinion et I’m Closing In) que par ses titres laid-back, tout en souplesse et en feeling surf. On attendait pas forcément le groupe sur ce terrain-là, mais dans toutes les circonstances la voix de Rick Froberg sonne toujours si juvénile, impeccablement éraillée et élastique. Les guitares sont inspirées, et en marge des riffs à une corde et des accords de puissance enchaînés comme à l’école du punk on a le droit à quelques finesses tout à fait charmantes : la chaloupée This Must Be Done et ses tricotages élastiques, la désespérément cool Spun Out, ou la space-pop de Machines. Et puis, il y a ces titres irrésistibles, comme Pet Trust et ses géniales petites mécaniques basse-guitare-batterie, le tube euphorisant Taste The Diff ou la scolaire Malpractice.

Tout cela rappelle finalement la bête fraicheur et l’efficacité old-school des premiers Supergrass, ce qui n’est pas pour me gêner. Ca n’a l’air de rien aux premières écoutes, mais au fur et à mesure que ces chansons se révèlent on sait que Bed & Bugs est le type de disque qu’on ne virera jamais de la platine quand il y retournera - très régulièrement - dans les années à venir. Tu sais, il n’y a rien à faire : les jeunes ne comprennent plus grand-chose à l’art simple du rock’n roll à l’ancienne, puisque jusqu’à ce que mort s’en suive c’est les vieux qui gardent la recette.

Ne sois quand même pas dupe : si ce groupe est aujourd’hui basé à Brooklyn, c’est évidemment par tentation de se faire aspirer par le tourbillon du cool. Le carriériste californien Froberg n’en est de plus pas à son coup d’essai, puisque ce garçon a tout de même trouver le moyen, dès 1986, de monter un groupe s’intitulant Pitchfork ; un répugnant exemple d’opportunisme anticipatoire.

Il y a quoiqu’il en soit une chance à saisir prochainement, pour nous autres franquais : le tourneur U-Turn organise une petite tournée du groupe sur notre sol en janvier (nouvel onglet). Je sais bien que tu n’iras pas parce qu’il fera froid et que maintenant tu écoutes de l’électro alors ça va bien ces conneries, mais tu sais pourtant que tu auras tort.

Mattooh

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