silent weapons for quiet wars

Pochette de Oksastus

chronique · 20 mars 2014 · Musiques électroniques

Pan Sonic

Oksastus

N'essaie pas de noyer la violence. Cette pute sait nager. (Auteur préférant garder l'anonymat, mais si on te demande, tu diras que c'est d'Aurélie S.)

par Vincent Blandin-Canonne

Pan Sonic. Tu connais ? Bah tu devrais. C'est un duo légendaire finlandais (Mika Vainio + Ilpo Väisänen) qui a su puiser dans l'héritage industriel et les vieux synthés analogiques pour distiller une essence toxique juste comme il faut. Ou comment assouvir son côté punk, mais sans en épouser la connerie. Ils laissent derrière eux une tripotée d'albums dont on retiendra plus particulièrement Kulma et Gravitoni, ainsi que des collaborations avec des gens tels que Merzbow, Charlemagne Palestine ou Keiji Haino. Les gens de chez Kvitnu, label ukrainien dont on parle surtout depuis qu'ils pressent des vinyles (et aussi pour trasher Plaster et un peu Sturqen, mais ça c'est une autre histoire), sont des gros malins. En fin d'année dernière, une petite annonce de "coming soon" avait suffi pour affoler les fans, tant et tellement que certains ont même cru à une reformation. Oksastus est en réalité l'enregistrement du live livré par le duo durant le festival Kvitnu de 2009 à Kiev., juste avant sa séparation. Ce qui ne doit bien évidemment gâcher le plaisir de personne, mais qui mérite d'être envisagé uniquement pour ce qu'il est.

Pan Sonic ont prouvé à toute une génération de punks domestiqués (qui se lavent et qui poussent le vice jusqu'à bouffer des Bolinos) qu'on pouvait faire de la musique sale très proprement, et ce de manière extrêmement élaborée. Toute référence aux aficionados de musiques (pseudo) extrêmes streamés en 128kbps étant tout sauf fortuite, précisons que chier dans une Heineken ne suffit pas à la rendre meilleure (les punks domestiqués font ça, entre deux pastaboxs). Tout ça pour dire que Pan Sonic ne sont pas nihilistes, juste des esthètes du bruit brut. Mais qu'on se le dise, leur performance live ici captée ne fait pas dans la fioriture ou l'enluminure qu'on retrouve dans leurs productions en studio. Les textures sont rêches, abrasives, brutales, primitives même peut-être aussi, mais se situent bien loin des vaines révolutions régressives très adolescentes et propres à énormément de productions affiliées au même genre.

Ceux qui ont assisté au live ont dû en prendre plein la gueule, ça tombe bien, c'était sûrement le but. Si Pan Sonic ne révolutionne absolument rien sur les sentiers de la "technoise" downtempo, reconnaissons que nul n'avait songé jusqu'ici à faire du circuit bending avec un R1 sans pot, ni même du field recording dans le rectum de Nadine Morano. Je sais, ça a l'air abstrait, extrêmement technique et risqué dit comme ça, mais le premier titre devrait suffisamment bien illustrer le propos (7'06").

Au milieu des (ultra)sons aptes à faire sauter les chats jusque dans la baignoire (l'introduction de 17'28"), des fréquences fécales, des frappes sournoises, des blasts accouplés à des scies sauteuses et des flatulences aussi gargantuesques que nauséeuses (5'31"), on retrouvera aisément les mêmes canevas rythmiques introductifs qui firent de Load et Wreck les meilleurs titres de Kilo (Mika Vainio tout seul, chroniqué ici) lors de 4'35" et 11'03". Pour le reste, disons que les motifs sinueux, les émanations de gazs neurotoxiques et les fractures au scalpel émoussé maintiennent plutôt bien le bourdon en hyper activité. C'est souvent passionnant, éreintant aussi, mais ça a le mérite de faire le taf, même quand certains titres (les plus longs surtout) surfent parfois dangereusement avec le purement indigeste.

Bien plus qu'un simple objet réservé aux collectionneurs, Oksastus trouvera un écho tout particulier chez ceux qui aiment parfois salir quelque chose de beau ou faire du mal à d'innocents petits animaux. Pour faire de l'urbex dans une fosse sceptique, ou soigner la grippe de slip que connait l'industrie française, bah ça devrait marcher aussi. Un bouquet de beats taillé à fleur de nerfs, réservé donc, mais à un public averti.

Vincent Blandin-Canonne

Brasser la merde

5 commentaires

  1. Régis Lanthelme

    Qu'avez-vous pensé de "Konstellatio" ?

  2. Lamerde

    Bwark mais putain t'écris tellement de la merde de poseur, ça donnerait presque envie de pas aimer ce live tout juste bon.

  3. madfab

    ça reste un live ...(c'est vrai que vos chros sont un peu "poseuses" .façon 'je me regarde écrire"..à vouloir sonner littéraire, vous vous éloignez des disques que vous chroniquez ...m'enfin c'est mon avis )

    1. Sample Rack

      Oui mais des chroniques qui transmettent un retour d’émotion. Pan Sonic ne sont-ils pas des sound designers, des générateurs de BO pour rêves ou cauchemars? Faut-il vraiment s'attarder sur des commentaires de potards et autre élucubrations sur les fréquences et pédales usitées?

  4. lolito

    Non mais c'est quoi toute cette littérature, dans une chronique de disque, un vrai scandale... Pour la prochaine tu nous la feras en tableau exel... ou en onomatopée de porc comme ça tout le monde sera content.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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