silent weapons for quiet wars

Pochette de Beautiful Raw

chronique · 10 juillet 2013 · Hip-Hop / Rap

Qwel & Maker

Beautiful Raw

"They said it couldn’t be done, this one’s for provin’ ‘em wrong, seems only suitable it’s beautiful raw. Planted the seed beneath the street but it was rooted too strong, grew to the sun and called it beautiful raw." (Qwel)

par VIIEchoes

Entre ces deux âmes de Chicago, l’aventure débute seulement en 2004 avec l’album The Harvest, véritable merveille de l’underground Hip-hop. Mais avant cela, Qwel (nouvel onglet) s’est illustré à travers plusieurs disques : en solo tout d’abord sur If it ain’t been in a pawn shop, then it can’t play the blues et The rubber duckie experiment, deux albums qui peinaient à convaincre du fait d’un réel manque de spontanéité ; et en collaboration, avec son collectif Typical Cats ou encore avec le producteur Jackson Jones où cette fois-ci la production souffrait d’une cruelle absence d’originalité. Pour ce qui est de Maker (nouvel onglet), producteur totalement méconnu du circuit indé à l’époque, il a sorti quant à lui deux excellents projets : l’un entouré du rappeur Adeem et de DJ DQ (Seconds Away) et un autre instrumental, appelé Honestly. C’est sur ce dernier que pour la première fois Maker a fait appel à Qwel le temps d’un titre, qui marquait alors le début d’une longue collaboration sur trois albums, toujours très travaillés et réussis.

Mais qu’en est-il du quatrième né, sorti une nouvelle fois sur le label Galapagos 4 (nouvel onglet) ? Le verdict est sans appel. L’opus, long de quatorze compositions, ne déroge pas à la règle. En effet, Maker s’impose de nouveau comme le producteur parfait pour Qwel. En véritable artisan du boom-bap et de la boucle dont il maîtrise toutes les subtilités, il choisit la simplicité sans tomber dans la redite ou la pauvreté. Chaque piste révèle son lot de surprises et sa propre ambiance, et ce, grâce à des samples particulièrement éclectiques : Du violent Long Walkers au son gras en passant par le plus jazzy Beautiful Raw, Maker sait manier et varier les effets. En parfait orchestrateur, il construit la plupart de ses instrus en entrées successives comme sur Wreck Room (qui n’est pas sans rappeler un certain Broken Wing issu de The Harvest) qui s’ouvre sur une nappe d’orgue avant de laisser exploser une rythmique implacable au groove saisissant. Maker atteint véritablement son apogée sur le dernier titre du disque Reach For The Sky, un jazz électrique entièrement instrumental, où il sait prendre son temps et prendre notre pied !

Quant à Qwel, il est à l’aise micro en main et impressionne toujours autant de par son flow tranchant et habité. Tantôt il sait se faire plus discret et se pose pour suivre la rythmique, tantôt il accélère et lâche dans un débit ininterrompu ses punchlines acérées comme sur l’incroyable Lake Effect :

The red line stuck in Vietnam and the bum speeches

of rusty beaches in deep water, and one –eyed pigeons

who fight for chicken bones and miss the sunshine thinning

Tout au long de l’album, le emcee multiplie les assonances et déborde d’énergie livrant ainsi un rap sans concession :

Tainted talent of an intellect that ain’t got nathin

That ain’t go faith and have it all still ain’t got nathin

Pour ce qui est des thèmes développés, ils s’enchainent et sont variés comme sur les précédents opus du duo.On remarque néanmoins l’effort de Qwel qui propose des lyrics plus percutantes et plus riches en maturité que par le passé. Il est tour à tour question d’argent sur New Cents, de drogues sur Pilfer, de mensonges ou encore d’espoir sur If I could sing:

And when that rose is worn

When that road is long

Then I’ll move chariots

And even if it breaks my back

I’ll still carry us

Du côté des featurings, Qwel ne s’embarrasse pas encore une fois. Il assure seul la majorité des titres de l’album sans aucun temps mort, et s’autorise seulement quelques collaborations qui participent grandement à la richesse du skeud. Qwazaar, également membre des Typical Cats répond présent ; on trouve également The Grouch (Living Legends), Swamburger (Soliloquists Of Sound), Scud One et Wes Restless. Leurs flows, parfaitement identifiables, complètent et se marient avec celui de Qwel pour le plus grand bonheur de l’auditeur.

On ne peut donc pas à proprement parler de révolution musicale avec Beautiful Raw, l’album sonne old-school et est proche de ce que les deux artistes ont pu proposé par le passé. Mais ce que nous révèlent ici Qwel & Maker touche à la perfection de la première à la dernière track. Au final, à l’heure où les albums de Hip-hop pullulent de productions trop criardes et de emcees sans tripes, ce disque s’impose tout bonnement comme une délivrance voire même une référence.

VIIEchoes

Brasser la merde

2 commentaires

  1. Waddupnigga

    Et bah j'connaissais pas. Et c'est dla balle.

  2. SEN

    Sans être révolutionnaire cet album se démarque de la production actuelle et fait foutrement du bien !

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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