
chronique · 22 août 2013 · Hip-Hop / Rap
The Doppelgangaz
Hark
Hark back at your shark black. Catch a heart attack from this dark rap. Just awaken from park nap. Looking for those fall into the trap.
par VIIEchoes
Chaque sortie s’accompagne de son propre lot de bonnes et de mauvaises nouvelles. La mauvaise ici, c’est que Hark n’est pas le meilleur album de The Doppelgangaz (nouvel onglet), duo énigmatique d’Orange County, New-York. La bonne nouvelle cela dit, c’est qu’il reste un album de The Doppelgangaz et donc, nettement au-dessus en terme de production que tout ce qui se trame ces derniers temps dans le milieu du rap. En effet, les deux MC/producteurs n’ont pas réussi l’exploit de se hisser une nouvelle fois au niveau de Lone Sharks qui sans exagérer fait partie intégrante des classiques au jour d’aujourd’hui. Pourtant, on ne peut leur en vouloir, c’est une faute pardonnable et autant dire qu’à l’écoute de Hark, on se rend parfaitement compte du boulot accompli.
Nos deux compères, Matter Ov Fact et EP, font comme toujours dans la polyvalence. Pour la énième fois, ils ont assuré seuls tous les couplets du skeud ainsi que la production. Pas de place pour un quelconque featuring, ce qui peut amplement se comprendre tant la personnalité qui se dégage du duo est grande. Leur univers est pour le moins hermétique sauf peut-être pour un Brotha Lynch Hung ou un Necro, et encore.
Bref, ce qu’il faut souligner avec Hark c’est l’audace incroyable dont le duo a fait preuve dans la conception. Certes l’album est rythmé à coups de boom-bap omniprésent, mais c’est dans cette ambiance délicieusement old-school que le Ghastly Duo est capable de jouer tout en subtilité sur différents tableaux et ce, sans la moindre marque d’incohérence allant même jusqu’à mélanger des beats totalement éloignés. Il n’y a qu’à écouter l’excellent Hark Back, tout en nappes angoissantes jusqu’à un interlude instrumental posé en fin de piste et qui rompt avec ce qu’on a pu entendre auparavant, et qui annonce dans un autre registre le très jazzy et groovy Us 2 Da Man. Tout au long de l’opus il en est ainsi jusqu’à cette boucle de flûte sur Sun Shine qui clôt l’album de façon magistrale.
Et tout ceci devient de plus en plus pertinent lorsqu’on s’attarde un instant sur les lyrics. A l’image des instrumentations qui s’envolent dans toutes les directions, les emcees partent dans tous les sens. Ils remettent au goût du jour l’idée de freestyle, sans présence de réels thèmes imposés dont ressort une certaine spontanéité. Capables aussi bien de légèreté et d’humour sur Barbiturates : “See baby here’s the recap on why he needs to pre-fap/To stop the ejac, when she tapped him on his kneecap” ; ils savent également traités de sujets plus sérieux comme les conséquences médicales du vagabondage :
He’s got cirrhosis of the liver from the eighty proof
Folliculitis makes his neck look like a baby ruth
The truth ? He needs a filling for his baby tooth
This IBS be disagreeing with Kuwaiti soups
En adeptes du grand écart, les deux MC à capuche oscillent et distillent des ambiances diverses sans jamais se contredire. Ils font une nouvelle fois la démonstration d’un univers unique et impénétrable en poussant toujours plus loin l’expérimentation des thèmes. Dommage néanmoins que cette fois-ci des titres comme Sugar Awn Eht ou Oh Well peinent à convaincre les esprits. Reste tout de même comme consolation la sortie prévue pour le 27 Août d’une édition deluxe de Lone Sharks avec en prime quelques inédits. Aaaaarrrhhh !!






Brasser la merde
3 commentaires
SEN
2 Chroniques Hip-Hop qui tabassent en 3 jours, merci VIIEchoes ! Je vais me jeter sur cette album de DOPPELGANGAZ !
VIIEchoes
Merci beaucoup SEN !! Tu ferais même bien de te jeter sur toutes les œuvres de ce duo hors-normes.
Yannosh
Mortel
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