
chronique · 26 août 2013 · Hip-Hop / Rap
Action Bronson
Saaab Stories
« La musique est la langue des émotions » (Emmanuel Kant). Elle éveille les sens et se partage tel un bon repas.
par VIIEchoes
Dans le genre "destinée hors du commun", autant dire qu’Action Bronson (nouvel onglet), alias Bronsolino, se pose là. Ancien grand chef cuisinier à New-York City, il a préféré troqué ses ustensiles contre des rimes pour le moins versatiles. L’appel du rap a donc finalement eu raison de lui et à bientôt trente ans il fait le buzz sur le net. Entre ses clips déjantés qui dépassent le million de vues et un univers décalé où il est le plus souvent question de bouffe, on peut dire que le type a plutôt réussi sa reconversion. Auteur de plusieurs projets inégaux en terme de qualité, Bronson nous revient cet été avec un nouvel EP, Saaab Stories, révélant un Harry Fraud (nouvel onglet) très inspiré derrière les manettes.
Et oui car s’il y a bien un héros sur cet opus, désolé Bronsolino, mais c’est bien ce jeune beatmaker de Brooklyn. « La musica de Harry Fraud (nouvel onglet)» nous avait déjà régalé il y a peu avec la mixtape Adrift (nouvel onglet) où le producteur s’était entouré ni plus ni moins que des pointures du rap game tels Curren$y, Danny Brown, Smoke DZA, Rick Ross et j’en passe. Sur Saaab Stories, il va encore plus loin proposant des instrus toujours plus abouties. Chaque piste possède sa propre identité sans que l’EP manque pour autant de cohérence. En effet, Harry Fraud est tout à fait le genre de producteur qui favorise l’éclectisme dans ses prods : Sur 72 Virgins, il donne à entendre une ambiance atmosphérique avec ses envolées de guitares slides, il sait se faire plus old-school sur Strictly 4 my jeeps ou No Time et son solo de trombone, le tout sans omettre une légère touche sudiste avec The Rockers. Mais là où il excelle le plus c’est sur Alligator et sa structure surprenante en deux parties : le morceau débute par un beat plutôt violent avant de s’interrompre brusquement pour donner lieu à une atmosphère plus inquiétante qui laisse s’échapper quelques sons de synthétiseur.
Quant à Bronson, on peut dire qu’il remplit sa part du contrat, sans être pour autant étincelant. Le principal souci vient du fait que son flow est un poil trop monotone. Il nous régale néanmoins toujours autant de part ses lyrics : « I have been a grown man since I had a baby dick ». La bouffe reste son sujet de prédilection comme en témoigne Triple Backflip :
Inside the joint I got some pasta sauce
Uh, stalking the street, just to put the fork in the beef
Coffins are cheap, seats are very soft in the jeep
The lights hit me at the club, my skin was like a chicken
Pour le reste, il s’amuse toujours autant à parler de sportifs et de meufs. En ce qui concerne les featurings, le casting est plus qu’honorable. On retrouve tout de même deux légendes du Hip-hop : Prodigy et Raekwon mais également Big Body Bes et Wiz Khalifa qui tous assurent sans pour autant voler la vedette à Action.
A l’écoute de ce projet, les seuls reproches que l’on puisse faire c’est qu’il soit finalement trop court (c’est la dure loi de l’EP) et qu’Action manque quelque peu de créativité. Il faut tout de même lui attribuer le mérite de toujours confier à ses producteurs la réalisation complète de ses projets. Que ce soit avec Statik Selektah, Alchemist, Tommy Mas ou ici avec Harry Fraud, le deal est toujours le même : ils assurent les instrus de la première à l’ultime track. Cette recette a une fois de plus fonctionné et elle a surtout permis de révéler la production originale d’un beatmaker unique.






Brasser la merde
2 commentaires
Malamati
Absolument pas d'accord avec l'avis de cette chronique, ces deux gus nous avait habitué à bien mieux. Aucun titre n'arrive à rivaliser avec un Bird On A Wire, Jar Of Drugs ou Morey Boogie Boards. Un EP prometteur mais finalement très décevant.
Cooke
Je reconnais qu'Harry Fraud est bon sur ct'EP meilleur que sur sa mixtape(plutot bonne mais pas non plus génial) ,qui engage bcp de morceaux et sans cohérence par ailleurs. Ici c'est plus court pas plus cohérent ou par une certaine brutalité notamment sur strycly, mais franchement Bronson il assure, peut être est ce monotone, personnellement je ne me lasse pas de ce flow. Trop court c'est clair.
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