silent weapons for quiet wars

Pochette de Iffy

chronique · 10 novembre 2014 · Techno / House

Recondite

Iffy

par B2B

Je ne cherche pas nécessairement à me positionner contre Recondite mais force est de reconnaître que je n'ai jamais vraiment pigé la renommée du monsieur. Même si je reconnais que ses productions sont bien léchées et qu'il a su développer sa propre identité sonore, je me fais toujours un peu chier à l'écoute de ses albums. Déjà avec On Acid, salué par toute la critique bien pensante, j'étais resté à côté de son recyclage de la 303. Avec Hinterland, j'avoue avoir été touché par la dimension naturaliste même si l'album reste transparent. Bref, vous avez compris que je ne suis pas un fan de Lorenz Brunner, mais que parallèlement je respecte son travail et ne remet pas vraiment en cause son succès.

Je suis ainsi avec assiduité ses sorties. Et justement, récemment, j'ai été agréablement surpris par l'EP Caldera, envoyant une techno beaucoup plus dure (nouvel onglet), tout en restant deep et racée. Faut dire que depuis Hinterland, l'Allemand tourne beaucoup, notamment dans des clubs maousses face à un public venu prendre sa dose de techno. Recondite s'est donc progressivement adapté à ce public et cela se ressent désormais sur ses créations.

On en arrive ainsi à Iffy, 3ème album en 3 ans. Que ce dernier sorte sur Innervisions (nouvel onglet) est déjà un indice tant le label de Dixon et Ame est habitué aux EP house (généralement qualitatifs) purs et durs. En effet, Iffy ne fait pas dans la dentelle. Recondite assume désormais totalement son côté clubber. Et bien entendu, cela n'est pas rassurant. Soyons clair : Iffy est l'album le moins intéressant de l'allemand.

Le mec ne s'est quand même pas foulé. On dirait une vague collection de faces-B de ses deux premiers albums, passé à la moulinette 4x4. Le rendu est une deep-techno facile et anodine. Entre la deep-techno club sans intérêt, Baro et Glint, la resucée Hinterland, Tame, ou l'acid pépère, Duolo, Recondite se contente de dérouler sans forcer. Ce n'est pas que c'est mauvais, c'est seulement que c'est sans idées. On a l'impression qu'il s'est contenté du strict minimum. Cependant, il n'y a pas à dire, le mec sait aussi s'y prendre. Ses morceaux sont toujours sympathiques, vaguement narratifs et mélancoliques. On est pris dans une bassline deep et ronde, et on se laisse mollement transporter. Mais ça ne suffit plus, d'autant que là, on passe parfois pas loin de la faute de goût avec les ouvertures pop de Levo et Konter que ne renierai pas un Gui Boratto. Seule réussite notable, le planant Garbo, rappelant l'univers cristallin et ouaté de Pantha du Prince.

Alors soit Recondite est en manque d'inspiration et ça peut se comprendre quand on passe son temps en tournée, soit il se fout de notre gueule et ça peut s'expliquer quand on a besoin d'un peu de pognon. Dans les deux cas, artistiquement, il est peut-être préférable qu'il prenne désormais un peu de recul et attende avant de sortir un nouvel LP. Tous les ans, ce n'est pas obligatoire.

B2B

Brasser la merde

4 commentaires

  1. ph_bn

    En même temps vu la gueule du clip de LEVO ça ressemble à une grosse vanne...

    1. KzrDat

      Tu me coupes l'herbe sous le pied! (toujours jusqu'au 22 à la Cigale)

  2. Flk

    Ca s'écrit "Gui" Boratto, si déjà ...

    1. B2B

      Corrigé. C'est dire à quel point je m'en contrefous de ce que sort désormais le brésilien.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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