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chronique · 22 octobre 2013 · Rock / Folk

The Dismemberment Plan

Uncanney Valley

The Dismemberment Plan est un quatuor américain né dans le creux de la vague rock : la fin des années 90. Seconde erreur : The Dismemberment Plan n'a suivi aucun schéma de l'époque à la lettre. Art-pop, punk-rock, noise quelque chose, math bidule, emo cynique : jouez au puzzle musical avec tout ça, vous aurez une vague idée du « plan » foireux qu'ils ont créé dans ce terreau à mauvaises graines qu'est Washington (Fugazi, Minor Threat, Nation of Ulysses). Hors des fans vétérans de Pearl Jam ayant vu ces étranges énergumènes en ouverture d'une tournée européenne en l'an 2000, il est aussi probable que cette reformation ne provoque aucune réaction dans votre âme perdue.

par Hank

Et pourtant, on parle là d'une de ces formations à l'identité unique qui laissent une marque indélébile comme ce moment où l'on se rend compte que les troubles psycho-sentimentaux de l'adolescence n'ont aucune date de péremption. Uncanney Valley est donc le cinquième album du Dismemberment Plan (le premier distribué officiellement dans notre pays, wouh!) et on y retrouve le penchant pop déjà bien présent sur Change, en 2001.

Un penchant qui est devenu quasiment une identité pour un groupe qui ne démembre plus vraiment ses mélodies mais garde sa loquacité grâce à Travis Morrison, chanteur à la verve digne d'un stand-up comedian comme on les appelle là-bas. Faisons les choses en sens inverse, et parlons d'abord de ce qui peut poser problème. Certains titres sonnent clairement comme des comptines bavardes aux claviers dignes d'un spectacle pour enfant et s'écoutent poliment (No one's saying nothing, Waiting, Let's just go to the dogs tonight). Aucun crime là dedans car le groupe est connu pour son humour et sa capacité à insérer le mauvais dans le bon goût, mais la recette penche du mauvais coté et le fan exigeant pourrait en poser le coude sur la table et la main sur le menton.

Si la tension de leurs premiers disques a un peu disparu, la faute à une production assez lisse et des mélodies assez téléphonées, on a tout de même droit à quelques compositions plus léchées : White Collar, White Trash et son dance-rock aigre-doux, Living in song qui bascule de electro-pop rachitique à rock mélo, et le single pour bal de fin d'année Daddy was a real good dancer. Sur la longueur, on comprend que cette collection de dix titres n'a pas tant vocation à exploser les étiquettes qu'à redémarrer (maladroitement) un groupe qui se sous-estime. Il en reste un goût d'inachevé, comme si on avait mis de l'eau dans mon sirop de rock mal dans son jean. Au final, Uncanney Valley reste un prétexte pour justifier une reformation qui n'a hélas pas retrouvé le feu sacré sur disque, mais qui pourrait plaire aux non-initiés, avant de plonger sans l'irréprochable discographie du groupe.

Hank

Brasser la merde

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