
chronique · 19 mai 2015 · Rock / Folk
Thee Oh Sees
Mutilator Defeated At Last
Tous les ans, Thee Oh Sees sort un nouvel album. Plus fort encore : tous les ans, le nouvel album de Thee Oh Sees est excellent. La concurrence est outragée, brisée, martyrisée, et nous sommes libérés. En fait, seul Ty Segall suit le rythme des patrons avec la même réussite.
par Mattooh
Thee Oh Sees (nouvel onglet) est donc un calvaire pour le chroniqueur besogneux, tant il est vain de vouloir évaluer finement chacune de leur sortie tout en restant à peu près intéressant. Soyons honnêtes : rien ne ressemble plus à un disque de Thee Oh Sees que n'importe quel autre disque de Thee Oh Sees. Pourtant, chaque album est bon, alors on a envie de le faire savoir. Tu saisis? En fait, le seul moyen de suivre le rythme serait d'avoir un chroniqueur spécialisé OC's pour chaque média, ce qui occasionnerait encore plus de sous-journalisme chiant comme la mort. On va donc leur régler leur compte une bonne fois pour toute, et ce jusqu’à nouvel ordre et/ou sortie hypothétique d'un mauvais disque.
J’ai choisi cet album mais j’aurais pu choisir n’importe quel autre. Il s'avère que Mutilator Defeated At Last est vraiment bon, tout comme l'étaient Putrifiers II (2012), Floating Coffin (2013), ou Help (2009). Aussi bon que Drop (2014), aussi, même si à propos de celui-là, plus radical et moins immédiat, on a entendu chouiner ça et là ; je t'assure pourtant qu'il est aussi cool que ses prédécesseurs, juste un peu différemment. Allez, l'apaisé Castlemania (2011) était peut-être un peu en-deçà, mais franchement, on s'en tape complètement. T'as un buffet gargantuesque devant l'assiette, et tu viens pinailler parce qu'on a déjà tapé dans la salade niçoise?
Pour resituer rapidos, John Dwyer, leader des Oh Sees, est le parrain de l'actuelle scène garage de San Francisco, rendue soudain bankable par une petite bande de chevelus biberonnée aux tétons suants de Dwyer, et menée puis popularisée par l'infatigable Ty Segall. Depuis la fin des années 90, dans une floppée de groupes plus ou moins radicaux (dominée par Pink & Brown, Coachwhips et surtout Thee Oh Sees, qui représente clairement son projet le plus pop et accessible), Dwyer a inlassablement écrit, enregistré, tourné et inspiré des gamins. Reconnaissable en live par ses shorts en jean moulant, sa guitare tenue bien haut, ses petits cris suraigus, sa machoire à angles droits, sa peau de rouquin et sa coupe au bol, John Dwyer est ce qu'on appelle une icône moderne. Pas célébrée au niveau d'un Jack White ou d'un Josh Homme, et pourtant, dans sa galaxie musicale, Dwyer a exactement la même fondamentale importance. Il a en plus un avantage sur ces deux rentiers du fantasme de l'authenticité rock rendue accessible aux masses : lui continue à sortir d'excellents disques.
Bon. Ca va encore brasser la merde, mais j'y peux rien si t'as des goûts de chochotte, hein.
Toujours est-il que suite à un petit cafouillage en 2013 (Dwyer a annoncé une pause du groupe, ce que tout le monde a compris comme une disparition du paysage pour quelques années, sauf que comme Dwyer fait tout plus vite que tout le monde si bien que même le "hiatus" du groupe n'aura duré qu'une poignée de mois), Thee Oh Sees se stabilise aujourd'hui dans une forme durcie : exit Brigid Dawson aux claviers, passage momentané mais revendiqué par Dwyer au tout-guitare, des kilotonnes de fuzz, et même un set annoncé à deux batteries pour les tournées à venir. Tu crois que t'as transpiré tout ce que tu pouvais sur les précédentes tournées? T'es pas au bout de tes peines.
Concernant ce nouvel album, franchement, hormis la petite surdose de distortion évoquée ci-avant, rien à signaler. Au moment où Ty Segall creuse du côté du glam, John Dwyer revient à l'essentiel. Et ce sera toujours fascinant de découvrir tous les 12 mois un nouveau disque excitant, alors que celui-ci tire toujours un peu les mêmes ficelles, et est fait d'un peu toujours les mêmes riffs (Rogue Planet). Allez, cette fois le petit supplément de burnes se manifeste par un remplacement de plus en plus fréquent des power-chords crunchés par des riffs d'une puissance électrique quasi-absurde. Mais l'essentiel est conservé : des soli complètement niqués et noyés dans le brouillard fuzzé (Lupine Ossuary, Withered Hand), des guitares véloces, encore des guitares, et 9 compos qui déboitent (mentions spéciales à Web, Withered Hand, et Rogue Planet). Alors tu le sais aussi bien que moi, la seule chose à faire est d'aller se les enfiler sans chercher la petite bête. En plus, et là aussi c'est comme d'habitude : le disque te parvient sous une super pochette.
Voilà, oublie donc les mous du gland Mikal Cronin et White Fence, et retourne vers papa. Et maintenant tu sais tout, alors fous-moi le camp.






Brasser la merde
17 commentaires
Blacksad
Superbe disque, comme d'habitude avec les californiens. Par contre, l'attaque contre le dernier QOTSA, je ne cautionne pas, camarade: Like Clockwork, il démonte tout.
Mattooh
Ah, tu remues là un vieux brassage : http://www.swqw.fr/chroniques/rock-folk/queens-of-the-stone-age-like-clockwork.html Pour moi, ce disque est oublié depuis longtemps, signe que je ne m'étais pas trompé.
capac
OMG, c'est très mal renseigné. Critiquer White Fence, tu aurais peut être mieux fait de googler les nouveaux membres de tos, comme Nick Murray... Exit Brigid? À te lire on a l'impression qu'elle ne fait plus partie du groupe . Ne pas signaler que l'album était en dl gratuit hier est bien dommage. Il manque beaucoup de choses, simple à trouver, dans un article où tu ne dis rien du tout, et pourtant tu te permets de te qualifier de "journaliste besogneux".
Mattooh
OMG, tu es notre gagnant du jour : tu lis ce que tu as envie de lire, tu ne saisis pas l'auto-dérision et tu n'as pas compris la différence entre une chronique et un communiqué de presse. Je ne CRITIQUE pas White Fence, je trouve ça chiant ; le fait que machin ou truc issu de la nébuleuse garage de San Francisco joue avec Thee Oh Sees devrait-il changer quelque chose à mon ressenti? Mikal Cronin joue avec Ty Segall, ça ne l'empêche pas d'être chiant non plus. Rappel à portée universelle : une chronique est par nature subjective. Tu fais chier tout le monde, avec tes noms de musiciens interchangeables. Exit Brigid? Le fait est qu'elle ne tourne plus avec le groupe et ne joue pas sur ce disque. Donc peut-être qu'elle reviendra, mais oui, pour l'instant, c'est EXIT BRIGID et "se stabilise aujourd'hui" et "momentané" sont là pour rappeler que rien n'est figé. Comme toi, je sais lire les interviews et les communiqués de presse, mais : 1) Dwyer lui-même n'est pas au clair sur l'avenir du groupe, il suit juste ses envies 2) ma chronique n'a pas pour objectif de faire un résumé de ce qu'on peut lire partout ailleurs : elle est là pour être partiale, situer vite fait le bousin pour le profane ET FAIRE CHIER LES FANS POINTILLEUX DANS TON GENRE. Enfin, concernant la mention du téléchargement gratuit dans ma chronique, je vais faire comme si tu plaisantais.
Sans déconner, quand cessera cette manie de juger la chronique, ou même le chroniqueur, avant le disque? Ce qu'on raconte est négligeable, face à ce que produisent les artistes. Le but, c'est de parler de ce que l'on aime, de partager plus ou moins adroitement et de se marrer ; pas de se faire faire les poux par des scribouillards tatillons. Et, allez, si vraiment tu veux me repeigner, fais le au moins de manière drôle ou intéressante.
dk
Du grand journalisme ROCK
fluke
Du grand journalisme tout court (sur patte)
tcho
Moi c'est, simple je ne lis plus que le brassage... Et quand y en a pas ça va encore plus vite
Mattooh
Tu as été élu, à l'unanimité, lecteur du mois. Nous n'avons note qu'un axe d'amélioration : retravailler ton placement des virgules. Si tu y parviens, on te proposera peut-être le poste de Community Manager, laissé vacant depuis le départ de B2B pour Tsugi.
dédé
C'est vrai quoi vous n'aviez qu'à traduire la chronique de Pitchforq
tcho
Elle est pas là Elodie?
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