silent weapons for quiet wars

chronique · 18 février 2013 · Musiques électroniques

Various Artists

Circuits Imprimés Vol.3

par Lexo7

Depuis que j'ai décidé de taire mon mépris relatif envers les netlabels (en général) et les compilations purulentes sans master (là c'est tout le temps), et bah je me retourne toujours par chauvinisme primaire vers la maison nîmoise Pavillon36 Recordings. Nous en avions déjà parlé à l'occasion de la sortie du très bon EP de Bouwakanja. Ce netlabel sudiste est un gage de qualité et d'humilité, fait rare pour être dûment signalé. Syndrôm (qui sort aussi parfois des trucs chez Section 27) dirige le bordel. Une autre free compilation faisant la part belle à ceux qui fréquentent le netlabel de prêt ou de loin avait déjà vu le jour au tout début de l'année. Même s'il ne s'agit surtout pas d'opposer les noms établis internationaux à la génération plus ou moins montante, Cicuits Imprimés Vol.3 brille déjà simplement à la vue du casting qu'elle réunit : Pleq, Tapage, Architect, Fedaden, VNDL, Roel Funcken... On m'avait même parlé de Hecq il me semble, mais il faut croire que l'émulation qu'il génère actuellement ne lui a pas accordé le temps nécessaire pour participer à cette petite entreprise. Du gratuit exposant les même qualités que le payant, c'est juste de la friandise pour tes cages à miel.

Autant dire tout de suite que si cette free compilation s'était vu amputée de 5 ou 6 titres, elle aurait encore plus mérité le titre imaginaire de compilation la plus aboutie et la plus cohérente depuis la fin de l'année dernière jusqu'à la fin de l'hiver, (période classique où tout le monde et n'importe qui propose des projets similaires). Oui, 22 titres, c'est susceptible de faire un peu long même pour les boulimiques. Si tout ne se vaut pas (formule à retenir pour qui souhaite mettre en avant des projets sans en dire le moindre mal même quand ça mérite), il faut reconnaître que ce projet recèle des surprises exceptionnelles.

Avant tout parce que dès les premières minutes de The Gift of Eternityde Valance Drakes et jusqu'au Coil Up Swedish Pony Riding de Karsten Pflum (très D&B bleepienne et autrement plus convaincant que son dernier album chez Hymen...) il règne une atmosphère old-school complètement désinvolte qui ravira les esthètes et fins connaisseurs des sorties Rephlex ou Skam de la fin des 90's. Cette fameuse période où l'IDM avait un côté résolument "geek ghetto youth" sans jamais sombrer dans la convention bête et méchante. Ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, qui exposait les contretemps et les cassures de beat avec frénésie. Le temps des Bola, des Bogdan Raczinski et des **D'Arcangelo,**tous compagnons d'armes du rouquin Rich et de son pote Paradinas. L'artwork te piques les yeux ? C'est normal, c'est la période qui veut ça. Oui, je sais, ça vend du rêve mais c'est pas complètement usurpé. L'état d'esprit est là, et sur ces huit premiers titres, chacun a joué le jeu en creusant ce sillon braindance, toujours aussi jubilatoire aujourd'hui. Mention spéciale au titre de Maps & Diagrams (trop peu savent qu'avant de faire du drone et de jouer de la gratte avec Ian Hawgood, Tim Martin faisait dans l'electronica exigente, avec Antennas and Signals plus particulièrement) et à celui de Syndrôm (bien incisif et carnassier comme j'aime au niveau des "hi-hat"). Sans oublier bien sûr la contribution de Architect, ancien soldat indus devant l'éternel, qui prouve qu'on peut avoir une sensibilité de B Boy et malgré tout aimer Depeche Mode (si si, je te jure). Même certains, qui ont parfois (souvent en fait) un incompréhensible goût pour l'EBM qui sent le goth fluo ou les synthés surannés dégoulinants, s'en sortent très haut la main.

Vient ensuite pendant 4 ou 5 titres l'hommage vibrant à la veine "click'n cuts" chère aux amateurs des productions Mille Plateaux. A ce petit jeu là, Pleq et ses potes Lauki et Hajimeinoues'en tirent avec les félicitations du juri.

La suite devient légèrement plus "fouillis". 454J de Sense(très riche mais empruntant parfois des chemins synthétiques pas toujours inspirés) est très très bon mais peut-être un peu trop long pour prétendre à l'excellence. J'obtiens pour ma part la confirmation que la démarche plus "beat driven" de The Green Kingdom me touche autrement moins que ses projets ambient/folk. Tout comme les pérégrinations analogiques du roumain Yvat. On retrouve par contre avec bonheur Joseph Auer (ancien comparse de Infinite Scale chez le regretté Rednetic), ou Tapage et son inaltérable goût pour les sonorités sub-aquatiques. Fedaden prouve encore avec Rmnt qu'il est LE meilleur bidouilleur de bécanes français en activité. Le canadien VNDL confirme lui, que même dans une errance relative, qu'il parvient à explorer des sentiers profonds et originaux.

L'exercice de la compilation est un acte très compliqué. Et Pavillons36 s'en sort encore très largement mieux que les autres. Voilà c'est fini, c'était la chronique de branleur du lundi. Fais toi plaisir parce que c'est gratuit, clique simplement ici (nouvel onglet). Sinon, tu peux aussi jouer ton gros lard, allaer chercher un Bolino et écouter ça tranquillement chez nous.

Lexo7

Brasser la merde

3 commentaires

  1. shift.

    m'en vais écouter ça, ça a l'air bien warpien comme on l'aimait à l'époque. Dommage pour la vilaine cover néanmoins.

  2. JustFriday

    C'est vrai qu'un plateau pareil pour 3€ (en flac sur leur bandcamp, parce que le mp3 keumême...), c'est des broquilles... Merci pour la découverte de ce petit netlabel qui m'a l'air bien sympa...

  3. laurent

    Je n'y peux rien, j'ai horreur des compils, je déteste qu'on me refourgue une chose pendant que j'en achète une autre, il y en a dont je ne veux pas chez moi. Et puis je préfère que ce soit les artistes qui signent les albums, pas les labels. Par ailleurs cette pochette peut vous gâcher une journée. Enfin je tiens à signaler que je n'ai aucun avis sur ces titres que je n'ai pas écoutés, ce qui tombe bien puisque il n'aurait aucune importance si j'en avais un. Ce commentaire était inutile. Il était inutile de le préciser.

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