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Pochette de Wraetlic

chronique · 25 février 2013 · Musiques électroniques

Wraetlic

Wraetlic

par B2B

Wraetlic (nouvel onglet) est une étrange proposition difficilement catalogable. Cet obscur projet, en forme de one-shot, est la propriété de l’écossais Alex Smoke. Je vois déjà les fans du bonhomme se tortiller sur leurs chaises. Car oui, Alex Smoke revient enfin aux commandes après le superbe Lux sorti en 2010. On aurait d’ailleurs dû y déceler les clés du projet Wraetlic car Lux réussissait l’osmose parfaite entre techno métallique et pop évanescente. C’est qu’au fil du temps, Alex Smoke a appris à délaisser l’autoroute 4x4 pour se focaliser progressivement sur l’enrobage.

Wraetlic ne laissera personne indifférent, certains seront totalement réfractaire à cette ambiance crépusculaire, pendant que d’autres y trouveront matière à gonfler leurs songes d’images désabusées. De mon côté, j’ai immédiatement accroché à ces vignettes bancales. Alex Smoke signe un disque autant atypique qu’attachant, se focalisant sur des complaintes synthétiques semblant sorties d’un futur déjà oublié. Musique indatable, Wraetlic est une errance minimaliste dans les tréfonds désenchantés de l’âme humaine.

Le beat est en retrait pour mieux laisser planer les évocatrices lignes de synthés et les envolées métalliques. Alex Smoke vient poser sa voix distordue sur ces compositions chancelantes, pour maintenir cette impression de complainte nocturne. On se laisse alors prendre au jeu de la mélancolie électronique. Comme pour mieux réussir à capter nos pensées, Alex Smoke a la malice de structurer graduellement ses morceaux en y ajoutant à chaque fois un élément final, à peine perceptible, qui viendra accentuer la situation initiale pour mieux en révéler ses secrets.

Mais Wraetlic est aussi un album fuyant, semblant jouer en permanence à cache-cache avec l’auditeur. A peine a-t-on saisi l’importance et la solennité d’un morceau que celui-ci se dérobe en s’achevant. Les 11 titres de l’album dépassent à peine les 3 minutes, laissant moins l’impression d’une travail non-fini que celle d’une résolution impossible. On se retrouve alors seul, à devoir trouver soi-même la clé de ces énigmes.

En achevant Wraetlic par trois remixes, on comprend mieux l’ampleur d’une telle proposition. Car une fois armée, les morceaux perdent inexorablement en fascination. C’est ainsi que Scunner devient viril avec Jon Convex, que Better The Devil martèle frontalement sa lancinance avec dBridge et que Rats se mue en techno brumeuse sans concession avec SCB. Ces remixes seront de trop pour tous ceux qui réussiront à rentrer dans le monde de Wraetlic alors qu’ils apparaitront sans doute comme l’unique solution estimable pour les autres.

Sans être véritablement marquant, il faut tout de même admettre que Wraetlic est un album pour le moins unique. Cette étrange mixture pourrait même laisser entrevoir une certaine vision de la pop du futur. Faut-il encore que l’album puisse trouver son public.

B2B

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