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Pochette de Die Zauberhafte Welt Der Anderen

chronique · 20 février 2013 · Techno / House

Voigt & Voigt

Die Zauberhafte Welt Der Anderen

Alors que depuis quelques années Kompakt n’en finit plus de susciter qu’une plate indifférence, le label allemand ne baisse pas les bras et tente d’insuffler, bon an mal an, la touffeur indispensable pour raviver l’étincelle.

par B2B

Les boss du label ont décidé de se retrousser les manches pour aller au front, dans l’optique de démontrer que 20 ans plus tard, Kompakt (nouvel onglet) a toujours son mot à dire. Il y a quelques mois, c’était Michael Mayer himself qui s’y collait avec un Mantasy tellement aseptisé qu’on l’a déjà oublié. Aujourd’hui, c’est au tour des frères Voigt.

Les deux frangins ont souvent collaboré ensemble, notamment sur la série d’EP Speicher, mais c’est davantage en solo qu’ils se sont fait remarquer, du moins pour Wolfgang Voigt (nouvel onglet). Le monsieur bénéficie d’une discographie hautement estimable en matière de techno velouté mais c’est surtout ses propositions sur long format qui retiennent l’attention depuis 5 ans. De Freiland Klaviermusik à Kafkatrax, il questionne les fondations techno pour en sortir une masse sonore en forme de casse-tête (sur tous les plans). Reinhard Voigt (nouvel onglet) est plus discret puisqu’après un début de carrière en retrait, il n’a rien sorti depuis 5 ans. Mais on sait les deux frères adeptes de recherches sonores cryptiques et l’arrivée de Die Zauberhafte Welt Der Anderen n’est en rien une surprise.

C’est fou de constater que même lorsque Kompakt fait dans la techno à tendance expérimentale, on arrive immédiatement à reconnaitre l’identité sonore du label. Le beat est doux, les textures sont lissées et la compression sonore est permanente. C’est là une des premières erreurs de cet opus qui aurait pu/du avoir un rendu plus rugueux pour susciter un plus grand intérêt. En tuant dans l’œuf ce parti pris expérimental, l’album ne peut que traverser le corps sans marquer l’esprit.

Pourtant, ça s’annonce plutôt bien avec l’ouverture d’Intro König qui tente d’insuffler du suspense avec son ambient se muant en hypnose technoïde sentencieuse. Mais la suite n’arrivera que trop rarement à provoquer la curiosité. On sent pourtant l’envie d’user de ressorts dramatiques dans chaque composition mais la sauce ne prend jamais tant les enjeux sont absents et les histoires narrées anecdotiques. Il faut ainsi comprendre que Die Zauberhafte Welt Der Anderen est la contraction verbale de deux titres de films : « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » et « La vie des autres ». Mais que voulez-vous, quand on a des goûts aussi académiques (et je fais preuve de retenue) en matière de cinéma, c’est clairement mal barré pour en sortir de bonnes idées musicales. L’album se perd dans son downtempo poli (Der Keil NRW, Sozial) et sa techno cérébrale répétitive (Der Erste Zug, Tja Mamma, Sandra Maisehberger). Deux fois seulement on tend l’oreille avec une pointe d’attention. Une première sur Hotel Noki qui a la malice de lentement engloutir son arrière fond classique afin d’aboutir à une marche en avant métronomique forcée. Une seconde sur Triptychon Nummer 7 au cliffhanger surprenant mais ô combien bienvenu. C’est tout ? C’est tout.

On sent l’envie d’expérimenter chez Voigt & Voigt mais alors qu’en solo ils sont capables d’aller aux limites de l’écoutable, ils semblent malheureusement s’être embarrassés de garde-fous sur ce Die Zauberhafte Welt Der Anderen. L’expérimentation n’est qu’une façade satinée. On s’ennuie poliment tout au long de ce LP ne suscitant que trop rarement la curiosité.

▶ Lecteur externe (nouvel onglet)

B2B

Brasser la merde

5 commentaires

  1. P.L

    " Mais que voulez-vous, quand on a des goûts aussi académiques (et je fais preuve de retenue) en matière de cinéma, c’est clairement mal barré pour en sortir de bonnes idées musicales. "

    Non mais sincèrement arrêtez avec votre petit air de monsieur votre bite a un goût vous faites pitié.

  2. Georges White

    'pour en sortir de bonnes musicales'

  3. Georges White

    Ça pour se faire chier la bite on se fait chier la bite. Woigt & Woigt sont devenus des expérimentateurs de chambre complaisants qui ont délaissés leur auditoire (qui s'est un peu évaporé) au profit d'une musique ultra snob et ennuyeuse qui, en dehors du mérite de nous donner des nouvelles de Kompakt et de la volonté d'expérimenter dont tu parles, n'aurait d'autre intérêt que la seule branlette intellectuelle du duo.

    1. B2B

      C'est ça. Sauf que quand on part de 2 films médiocres pour un projet d'album, on se dit que les frangins Voigt ne sont snob qu'en musique.

  4. T

    B2B, v'la un truc que tu vas peut être aimer: http://www.youtube.com/watch?v=aFd5Cci_pE4

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

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