silent weapons for quiet wars

Pochette de Amygdala

chronique · 15 mars 2013 · Techno / House

DJ Koze

Amygdala

DJ Koze est un des producteurs techno les plus unanimement encensé de ces 10 dernières années. Vous aurez beau chercher, vous trouverez difficilement un avis négatif le concernant. Même chez SWQW on l’aime bien, c’est dire. Mais comment notre allemand a-t-il réussi à se mettre tout le monde dans sa poche ? Uniquement avec sa musique, ni plus ni moins.

par B2B

DJ Koze (nouvel onglet) possède une identité sonore immédiatement reconnaissable, se structurant autour d’une house dysharmonique en lévitation. Les créations de l’allemand évoluent tel un funambule, à la merci du coup de vent, capable de s’effondrer au moindre instant. Tout repose sur ce fragile équilibre. Stefan Kozalla opère comme un orfèvre qui prend son temps entre chaque sortie. C’est principalement l’excellent Kozi Comes Around qui contribuera à sa renommée actuelle. En 2005, Kompakt régnait encore sur la planète techno, et DJ Koze allait devenir son ambassadeur de luxe. Car Koze est aussi reconnu pour ses DJ sets élégants, jouant la carte d’une house bourgeoise mais pure. En 2009, l’allemand double la mise en sortant Reincarnations, une compilation de remixes exemplaire, et Mrs. Bojangels, sublime EP house désincarnée. Depuis, le bonhomme a disparu de la circulation afin de se consacrer pleinement à la sortie de son 3ème album studio, Amygdala, sur son propre label, Pampa Records (nouvel onglet).

A première vue, la tracklist peut faire peur puisque sur 13 morceaux, 9 sont des collaborations. Le danger de voir DJ Koze perdre son identité est fort. Mais on connait aussi sa prédisposition à s’entourer d’artistes hautement respectables. Amygdala peut ainsi se tronçonner en deux parties : les featurings propices à une électro-pop précieuse et les morceaux solos laissant DJ Koze revenir à ses premiers amours, une house trébuchante.

Mais même lorsqu’il s’entoure, DJ Koze ne peut s’empêcher d’étaler sa science de l’approximation. Pour cela, il s’appuie presque toujours sur une basse deep, lui servant de point d’accroche. A partir de là, quelques notes dysharmoniques viennent apporter un peu d’humanité. En y ajoutant des accidents volontaires, Koze renforce un peu plus cet aspect anthropique. Le moindre morceau a beau déployer un motif simple, une petite mélodie enfantine par exemple, il s’accompagne toujours d’un déluge de trouvailles sonores, le plus souvent uniquement ponctuelles. Il en ressort une musique aussi luxuriante que précieuse. On flirte avec le perfection sur une bonne majorité des morceaux, notamment dans la première partie très électro-pop et marquée par les collaborations avec Caribou (superbe Track ID Anyone ?Dan Snaith apporte son savoir-faire pop), Apparat (sur un Nices Wölkchen mélancolique et résigné) et Matthew Dear (apportant sa voix caverneuse sur le fragile Magical Boy).

Lorsque DJ Koze se trouve seul aux commandes, c’est pour mieux nous déstabiliser. Son souci semble être de trouver le point d’équilibre, établissant une sorte de paradoxe entre house de club et house de chambre. On ne sait sur quel pied danser, ni même s’il faut danser. La basse et le beat ont beau être cotonneux et propices à l’ondulation des corps, DJ Koze ne peut s’empêcher de jouer avec les formes et les instruments. On a donc droit à un inventaire complet d’instruments (de la guitare à la guimbarde, des cuivres à une obscur flûte andine), venant s’immiscer, le temps de quelques secondes, sur chaque partition.

On comprend alors que DJ Koze a passé un temps fou sur chaque morceau pour ne rien laisser au hasard, rappelant en cela le travail de Robag Wruhme ou bien la façon de procéder de Four Tet. Le moindre détail est traité avec la plus grande discrétion mais réussit pourtant à rester parfaitement intelligible. On reste en apesanteur le plus souvent, presque béat devant tant de préciosité. Tout au plus peut-on émettre un bémol sur la longueur de l’album car en gonflant sa galette au maximum, DJ Koze a du mal à maintenir l’attention. Fait dommageable, d’autant plus que la fin de l’album est un poil moins raffiné.

Amygdala marque le retour de DJ Koze. Et de quelle manière ! L’allemand est un des rares créateurs house à avoir trouvé le point d’équilibre entre accessibilité et exigence. Amygdala joue en permanence sur cette dualité pour se révéler profondément attachant.

B2B

Brasser la merde

8 commentaires

  1. Dam's

    Kompakt bougerait donc un peu encore... Par contre là où vous aviez taclé la kitscherie (discutable) de la pochette du Rone, ici on a quand même de la jaquette cheum de compète !

    1. B2B

      Kompakt n'a rien à voir avec ce nouvel album puisqu'il sort sur Pampa. Et pour la pochette, en effet, c'est de loin la plus laide de l'année (il faut voir aussi la superbe couv' du dernier Trax, atteignant des sommets de mauvais goût). Mais là, c'était tellement facile de tacler que je me suis abstenu.

  2. freaker

    Moi je l'aime bien cette jaquette c'est dans l'esprit de DJ Koze, ça représente bien son univers je trouve.

  3. Globule

    D'accord avec Freaker. Chouette jaquette ! Merci pour la chronique.

  4. carl von schmitt

    Pochette magnifique! tellement second degrès!...celle de rone, ignoble... je viens de réecouter "blume der nacht" et bim!

  5. carl von schmitt

    Et son site est tellement gé-nial: http://www.djkoze.de/

  6. charlie

    Bon album, cependant pour moi, il manque un léger décalage et une legère folie dans l'ensemble. Je trouve que l'album est finalement beaucoup trop structuré sur cette basse deep peu singulière. Pour moi son meilleur morceau reste celui avec Caribou.

  7. UnSimpleConnard

    Faut pas oublier que Koze veut dire "vomi", donc à partir de là faut bien voir que ce type c'est essentiellement du second degré, il souhaitait réellement une pochette affreuse.

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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