
chronique · 4 septembre 2013 · Hip-Hop / Rap
Jeremiah Jae
Bad Jokes
Fini les "jérémiahdes", le MC/producteur Jeremiah Jae revient de plus belle cet été avec sa panoplie de rimes et de mauvaises plaisanteries. Voyage initiatique au coeur d'un rap délirant et accrocheur.
par VIIEchoes
Qui dit changement de cap dit souvent nouvelle sortie. En effet, à peine vient-il de quitter l'écurie Brainfeeder (nouvel onglet) que le rappeur de Chicago nous lâche une nouvelle mixtape intitulée Bad Jokes ; de quoi célébrer son arrivée chez le prestigieux label Warp (nouvel onglet). Une chance pour le jeune Jeremiah Jae (nouvel onglet) qui peine à se faire connaitre dans le milieu hostile du Hip-hop. Et pourtant, ce n'est pas la volonté qui manque puisque rien qu'en 2013 le type a sorti notamment l'excellent Rawhyde en collaboration avec Oliver The 2nd, Gesus avec Tre aka Dirty Sinatra, mais aussi le fameux Black Jungle Radio avec son collectif Black Jungle Squad (nouvel onglet). On l'aura parfaitement compris, Jae est un hyperactif et malgré ses nombreuses sorties, il arrive toujours à surprendre et à pondre des skeuds d'une grande qualité.
Avec Bad Jokes, on se retrouve une fois encore face à un croisement entre des sonorités électroniques, jazz et rock qui résultent des influences du rappeur, le tout agrémenté de quelques skits. L'ambiance se fait sombre sur la majorité de l'opus. Des titres tels que Evil Laugh avec ses rires diaboliques ou King Raid et son beat inquiétant font froid le dos. Et c'est finalement lorsque Jae délaisse la production que ce côté pesant finit par disparaître : avec Seventy 8 par exemple, Jonwayne prend les reines et balance un beat à la boucle bien groovy. Sur Oatmeal Face, c'est un Flying Lotus inspiré qui s'y colle, lâchant une instru qui flirte avec le boogie. Bref, pas le temps de s'ennuyer et en plus de cela Jeremiah Jae nous régale d'un flow nonchalant à la limite du flegme sur le royal Court Jester et son clavecin hypnotique. Le type n'est certes pas un adepte des phrases à rallonges, mais il a un sens aigüe de la punchline : "First class, I was sitting in economy/Second class I was first place honorably" et de la rime :
These people will see em hop truck
Make the buck, splash in a lush cut
You made cuz we ruckus
Certified leaf cutters
Il est peut-être un peu tôt pour prédire un avenir radieux à Jeremiah Jae chez Warp, mais en tout cas cette première tape révèle à quel point cet OVNI du Hip-hop alternatif est bourré de talent. Capable d'une grande inventivité, il propose une oeuvre qui n'est autre que le théâtre d'un brassage des genres. En attendant la suite des événements, pourquoi se priver d'un tel projet surtout lorsque l'on sait qu'il est gratuit (nouvel onglet) ?






Brasser la merde
1 commentaire
SEN
On dirait qu'il y a enfin quelqu'un à la tête des chroniques Hip Hop sur SWQW !!!
C'est pour moi l'occasion de redonner sa chance à JEREMIAH JAE à travers cette excellente Mixtape, surtout que j'étais pas nécessairement convaincu par ce que j'avais entendu de ses précédents travaux... Surtout que la Cov. de ce "Bad Jokes" est vraiment pas bandante !
Malgré tout la chronique est très juste, balance nous encore du Hip Hop de cette qualité "VIIEchoes" !
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