chronique · 28 octobre 2012 · Rock / Folk
L'étrangleuse
S/T
De quoi l'étrangleuse est il le nom?
par Cholette
Un œil lancé à la composition du groupe offre une amorce de réponse. Derrière ce nom sibyllin se cache Mélanie Virot et Maël Salete, harpiste et guitariste éclectiques de leurs états, partageant tout deux le goût du risque pour entremêler leurs fils .
Jusqu'à l'asphyxie? Peut être. La petite mort proposée tout du long de ce premier opus dérange autant qu'elle enchante, les deux cordistes s'échangeant les rôles tour à tour, tantôt minimalistes puis virtuoses, vagabondants de terres post-rock en paysages anciens hantés par la chanson de geste.
Si la délicate parenthèse instrumentale, tenant lieu de premier titre, laisserait les croire par dessus tout créateurs d'ambiances empoisonnées, la suite de l'album exprime piste après piste les dualités qui les habitent.
De compositions bruitistes et lumineuses en complaintes sombres et lyriques, les trésors d'inventivité livrés sont rendus audibles grâce une maitrise appliquée de leurs instruments, soulignés sur 4 titres par les percussions Maliennes très avenues d'Aymeric Kroll. Leurs voix deviennent outils elles aussi, livrées sans fard, pour construire des harmonies légères, avant que sur le titre Writer's blog, GW Sok ne vienne scander avec l'énergie punk qui lui est propre un morceau de spoken word à la beauté sépulcrale.
L'ex chanteur du groupe The Ex, facteur de classe indéniable, fait oublier un Dead bodies under christmas trees qui force le trait en utilisant de grosses ficelles narratives servies par un anglais à l'accent difficile, rappelant les mauvaises heures du feu groupe des Français Jack the ripper.
Fort heureusement, l'épisme rémanent du duo, et sa merveilleuse faculté à raconter des histoires presque sans mot dire, resurgit pour conclure avec un If i crawl déchirant, parabole contenant le petit univers délicat et intriguant que le temps d'un album L'étrangleuse a imaginé pour nous.
L'étrangleuse est en tournée cet automne, plus d'infos sur leur page facebook là. (nouvel onglet)






Brasser la merde