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Pochette de SDMG

chronique · 24 octobre 2013 · Hip-Hop / Rap

Fat Trel

SDMG

Next big thing parmi les next big things, le rappeur de Washington D.C. Fat Trel continue son irrésistible ascension au sein du rap US. Aujourd'hui membre à part entière de la galaxie Maybach Music, après un projet Louie V Mob plus que convaincant en début d'année, Fat Trel revient avec une nouvelle tape solo en forme de manifeste : un rap protéiforme prometteur mais qui se cherche encore.

par Dom Tr

Si elle était plus réputée auparavant pour son rôle de point central de la scène "go-go" US, Washington D.C., en pleine coeur de la DMV (DC-Maryland-Virginia), se présente depuis quelques années comme l’un des nouveaux viviers à talents de la scène rap du pays. Depuis Wale, D.C. a changé de statut et semble aujourd'hui faire partie des nouvelles places montantes, sans plus jamais se cacher derrière son apparence de désert rapologique.

Depuis le très jeune Shy Glizzy jusqu'aux figures confirmées qui ne cessent de promettre beaucoup pour les années à venir, D.C. est aujourd'hui sur toutes les lèvres. En partie grâce au rôle joué par Fat Trel (nouvel onglet), nouvelle sensation issue de la capitale US. En avril 2012, "Nightmare On E Street" est le point de départ symbolique de bon nombre de collaborations et apparitions du MC de D.C. Cochant rapidement les points de passage incontournables pour compter dans le rap d'aujourd'hui (collaborer avec les figures de la scène locale, Wale en tête, participer à des projets estampillés Maybach Music puis apparaître aux côtés de Chief Keef à plusieurs reprises en 2012...), Fat Trel ne tarde pas à imposer son faux style au flow trainant et à la voix profonde.

Si son style n'a aujourd'hui rien de géographiquement singulier, Fat Trel compense par une présence au micro qui devrait lui servir à bâtir plus avant son personnage; ayant jusque là pêché par un manque de singularité. Un déficit largement compensé cependant par une véritable présence derrière le micro, jamais dépassé par la musique qui l'entoure, quelque soit le contexte.

Mais il fallait au moins ça pour parvenir à tenir la route sur son tout dernier projet en date, "SDMG". 80 minutes de musique durant lesquelles Fat Trel revisite sa large panoplie de styles, illustration de toute la richesse et la variété du rap des années 2010, porté par une multitude de sous-genres bien référencés. En témoigne la large variété d’invités (Danny Brown, Wale, Smoke DZA...) et de contributeurs, au premier rang desquels Cardo, producteur texan proche de Wiz Khalifa, sur le très bon ‘Touch Her Soul’, les incontournables Young Chop et Harry Fraud ou le jeune LeekEleek et son style électro-pop singulier déjà aperçu sur le ‘Ballin’ de Chief Keef.

Mais c’est essentiellement via ses collaborations avec JGramm Beats sur 4 morceaux que Fat Trel révèle ce qu’il semble fait de mieux que les autres : évoluer au sein d’ambiances downtempo où la mélodie reprend ses droits. En phase avec l’évolution d’une frange du rap d’aujourd’hui, Fat Trel s’éloigne du street rap sous amphétaminess du triumvirate Louie V Mob pour poser un pied sur le côté sombre de son rap et caresser une ambition toute autre. Un environnement où l’émotion pure donne à sa voix un réelle profondeur, à l’image de l’excellent ‘SDMG’ en ouverture de tape, un hymne aux fondements du rap de Fat Trel qui s’impose comme l’un des morceaux les plus convaincants de ces dernières semaines.

Fat Trel est pourtant loin de livrer là un projet irréprochable. “SDMG” est davantage un terrain de jeu pour le rappeur de D.C. qui s’essaye à plusieurs exercices de style, jusqu’à se vautrer dans le ridicule sur certains (ambiance zouk rap (!) sur ‘The Lastest’, l’insipide radio hit pop ‘My Girl’, l’avalanche de synthés fatiguants sur ‘Ohhh’...). A ce titre, la deuxième moitié de la tape est remplie de morceaux inaboutis et fonds de tiroir qui ne font que rendre l’écoute longue et fastidieuse. Un gâchis tant la différence de niveau entre les deux parties de “SDMG” est visible et dommageable; rendant la démarche de Fat Trel foutraque et, au final, usante.

Mais pas de quoi nous faire oublier les signes très positifs aperçus à plusieurs reprises sur “SDMG”; indiquant déjà une évolution certaine depuis “Nightmare On E Street”. Fat Trel est aujourd’hui rendu au croisement décisif où ses prochains projets devront nécessairement imposer son personnage comme un contributeur incontournable de plus à la cause d’une autre forme de rap en 2013; et s’éloigner des déchets type ‘Xtraordinary’. Gageons que son ralliement récent à MMG/Roc Nation devrait lui fournir tout ce dont il pourrait avoir besoin pour passer au niveau supérieur tout en singularisant encore son personnage de rappeur attachant et talentueux au buzz déjà bien installé.

▶ Lecteur externe (nouvel onglet)

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Dom Tr

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