silent weapons for quiet wars

Pochette de Murded

chronique · 20 mars 2013 · Rock / Folk

Gablé

Murded

Vous le savez tous, en notre triste monde tragique, il existe trois types de groupes.

par Booboow

Ceux qui déchirent en live et en studio (ils sont loin d'être légion). Ceux qui ne sont bons que sur albums (coucou les groupes de post-math-trucs). Et ceux qui sortent des albums oscillant entre anecdotiques et sympathiques mais arrivent à sublimer leurs compositions en live. Bon allez, je vous l'accorde, y en a un quatrième : les tout pourris. Au fil de leurs pérégrinations studio (5 autoproductions et 3 albums chez Loaf), le loufoque trio caennais stagnait malheureusement dans la troisième catégorie.

A la vue de leur signature sur le très bon label nancéen Ici D'ailleurs (nouvel onglet) il y a quelques mois, je me suis mis à espérer un passage à la vitesse supérieure pour ce groupe que j'affectionne tant.

Pourquoi cette tendresse particulière, me demanderez-vous? Tout simplement parce qu'ils arrivent à me faire retomber en enfance sans le moindre effort. De retour au temps où la vie n'était que joies simples, découvertes et expérimentations naïves. Quand, les yeux pétillants, on léchait la vieille cuillère en bois pleine de pâte à gâteau préparée par môman, quand on faisait exploser des trucs à l'aide de pétards dans la forêt, quand nous allions acheter des bonbecs avec le reste de la monnaie du pain quotidien... Ce sont le même genre de plaisirs que peuvent procurer les grands bricolages jubilatoires des concerts de nos trois loustics. Les voir triturer des palettes de bois, faire un motus, avoir du mal avec un de leurs nombreux instruments, sortir la corne de brume et toutes les surprises que réservent leurs concerts mettent la banane comme une bonne blague potache.

Sur album par contre les pétards sont plutôt mouillés, la cuillère est en inox et claque sous les dents et surtout, y a plus de thune pour les bonbecs...

Bref, ils ont du mal à retranscrire leur folie douce sur long format...

Pourtant sur Murded il y a du mieux. C'est pas encore tout à fait ça, mais bon. Il faut se satisfaire du nécessaire comme dirait ce bon vieux Baloo (pas Kurt).

Les Gablé (nouvel onglet) sont des enfants mutins enfermés dans un studio. Ils découvrent leurs joujoux et en profitent pour nous transmettre leurs espiègles expérimentations sonores. Chaque instant de création bancale fourmille de gimmicks, d'idées saugrenues et de samples improbables. A tel point que les bonnes idées s'étouffent malencontreusement entre elles. Comme si l'œuf restait involontairement bloqué dans le cul de la poule. Laissant certains poussins se développer voir même éclore pour mourir aussitôt, avant de se faire exploser par l'oeuf suivant. La poule nous chie donc une omelette de beats hip-hop taquins, d'accords folk déséquilibrés, de montées techno putassières et de mélodies pop à souhait. Certains poussins mutants sont heureusement sauvables de ces gestations extra-utérines en chaîne. Drummers we hate, private-joke pour batteur et ses défauts, Verbena Tea et ses montechno jouissives, ou encore Asthma et ses déclamations dadaïstes de maladies sont de ceux-là. Les textes, quant à eux, sont toujours pleins d'humour et rappellent souvent des jeux enfantins. Solaire où on cherche à quel animal telle personne peut ressembler. Seeded et How Much qui ressemblent à des comptines rassurantes et souriantes. Asthma où le dernier à ne pas trouver un nom de maladie à perdu. Ceux qui ont gardé une âme d'enfant aimeront. Les autres, certainement moins.

Chez SWQW, on est donc franc avec vous. On va pas vous la faire à l'envers et vous le dire comme on le pense. Cet album, si vous l'attendiez impatiemment, est décevant.

Par contre s'ils passent près de chez vous, n'hésitez pas la moindre seconde, le live décuple leurs forces et efface leurs faiblesses. Allez tout de même les voir pour prendre votre dose de régression malicieuse annuelle.

Booboow

Brasser la merde

3 commentaires

  1. Kekekeke

    C'est marrant j'aurais plus dit que les post-math-truc n'était bon que sur scène justement et faisait des disques anecdotiques...

  2. Georges White

    Bientôt à Paloma à Nîmes.

  3. Cow

    Je suis très contente. J'attendais beaucoup du nouveau Gablé, parce que, comme tu le dis, on a vraiment envie qu'ils fassent un bon album. J'ai lu ta chronique. Déception. J'attends plus rien désormais. Et peut-être que, finalement, j'aurai une bonne surprise!

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