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Pochette de Anvils & Rungs

chronique · 18 septembre 2014 · Rock / Folk

The Landscape Tape

Anvils & Rungs

Il s'appelle J-Chris Martin et il fait du rock'n'roll. J-Chris... Ne serait-ce pas un petit peu gros comme pseudo pour camoufler la énième résurrection d'un personnage historique bien connu des petits et des grands dans nos contrées judéo-chrétiennes ? En tout cas le niçois à l'origine de The Landscape Tape fait figure de messie dans le paysage de l'indie-rock français actuel.

par Manu

On ne va pas jusqu'à oser dire que c'est la croix et la bannière pour trouver des groupes d'indie bien lo-fi en ce moment dans l'hexagone. Des groupes comme Wonderflu nous ont démontré que depuis quelques années on pouvait trouver un son bien 90's, avec des influences de bon gout qui vont bien, dans les bacs de nos disquaires adorés. Mais depuis Headcases ou Drive Blind on se dit qu'on a quand même du mal à retrouver du calibre, quelque chose qui puisse lutter avec les grosses cylindrés ricaines du genre.

C'est la que débarque notre bon samaritain niçois, celui que le rock attendait depuis au moins Mathusalem. Dur de trouver des infos sur ce Landscape Tape (nouvel onglet) qui semble être un projet complètement solo. De la composition au mix, de la production au maniement de tous les instruments, notre J-Chris assure tous les tenants et les aboutissants de son album. Force est de constater qu'on a pris une sacrée claque.

Comment décrire ce doux sentiment de la découverte d'un truc qui va compter sans verser dans le dithyrambisme, sans passer pour le panégyriste laudateur caractéristique du fan de base d'un album qui tourne en boucle dans l'auto-radio de sa Clio 2 ?

Loin de vouloir porter au pinacle le dénommé J-Chris, difficile de résister à l'ouverture de son album Anvil & Rungs. Son Anvil Song nous donne le ton de ce qui pourrait bien nous offrir une belle surprise. En effet dès le deuxième morceau nos papilles s'émerveillent devant une délicate saveur toute "Swellienne". Dur de ne pas comparer ce superbe Electrogenic avec les compositions de la troupe de David Freel, notamment sa période 41 et Too Many Days Without Thinking (que je vous conseille vivement d'écouter si à tout hasard vous étiez passé à côté de ces monuments de l'indie 90's). Il en va de même pour les excellents There's a Devil Waiting ou Antagony nous montrant que le père Martin marche véritablement sur l'eau de la source indépendante américaine du siècle dernier.

Côté influences, le reste de l'album oscille entre du Sebadoh (With a Silver Brow, As Usual), Eels (Rungs of my Haven, I Will Cuss) ou Beck période pré-Mellow Gold (The Death Crawls). De bien belles influences qui prouvent que le garçon doit être en odeur de sainteté du côté des disquaires indépendants de la région Provence Alpes Côte d'Azur.

Histoire de ne pas non plus encenser totalement et aveuglément ce génial Anvil & Rungs on pourrait quand même dire que la deuxième partie du disque perd un peu de rythme et verse dans la balade lancinante en opposition totale aux tonitruants débuts électriques de l'opus. Loin de vouloir lui jeter la pierre, on aurait quand même eu envie d'en prendre plein la face pendant les 45 minutes de ce disque.

Bref, dur de savoir si le projet aura une suite, si un deuxième album viendra, si on le verra tourner dans les MJC ou les SMAC de nos régions, mais tout ce que l'on peut dire c'est bien que l'on suivra la carrière de notre messie de l'indie-rock telle l'étoile du berger dans un ciel étoilé de décembre.

Manu

Brasser la merde

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