chronique · 6 novembre 2012 · Post-Rock / Metal
Kabul Golf Club
Le Bal Du Rat Mort
On va parler un peu de musique belge, tu veux bien ?
par Mattooh
Mère porteuse de plusieurs générations de chanteurs de variété pour la France, la Belgique a soudain connu l'explosion de sa scène rock à la fin des années 90. Les facteurs expliquant cette soudaine agitation sont assez difficiles à identifier, si ce n’est l’émulation créée par les chefs de file dEUS. Ceux-ci ont d’ailleurs un statut en Belgique un peu comparable à celui de Noir Désir en France, à ceci près que Tom Barman n’a jamais tué personne (du moins aux yeux de la justice, parce que ses derniers albums ont failli me faire mourir de chagrin).
Toujours est-il que depuis quelques années, les guitares Belges se font un peu oublier entre les albums ratés de dEUS, la disparition de certains cadors (Venus, Soulwax, Millionnaire, Sharko) et les drames des autres (Girls In Hawaii). En marge de cette scène rock grand public et des guignols de clubs de vacances (les frères Dewaele et leur rente 2 Many Dj’s), des petits groupuscules extrêmes se sont signalés jusqu'à localement effectuer de jolis bouts de carrière, pour le meilleur ou pour le pire : Hitch, Do Or Die, Aborted, Front 242...
Aujourd’hui, comme en France les compteurs sont un peu remis a zéro. De bons groupes apparaissent ça et là, dans tous les styles et dans un silence médiatique international parfait et sans filiation locale apparente. Parmi ceux-ci, Kabul Golf Club (nouvel onglet). Un chouette nom pour des flamands n’ayant jusqu'à preuve du contraire aucun lien avec le club de golf de la capitale afghane (nouvel onglet).
Musicalement, KGC tire un trait entre The Dillinger Escape Plan et The 80’s Matchbox B-Line Disaster, et va de l’un à l’autre en faisant des crochets. Le chant joyeusement saturé ne s’autorise que peu de répit, et rappelle les groupes screamo et post-hardcore hystériques qui pullulaient au début des 2000’s (en vrac The Blood Brothers, Jr Ewing, These Arms Are Snakes, ou The Icarus Line), avec toutefois de bonnes giclées de noise entre les dents. L’épilepsie guette à chaque coin de riff, mais le groupe aime les contrastes et ne lutte pas contre ses tendances à la déconstruction. Ca tombe bien, c’est la linéarité qui rend beaucoup de groupes de screamo fatigants.
Les 5 titres de cet EP s’avèrent brillants, en balayant des styles pourtant bien balisés. De bonnes idées et de la maitrise technique, qui rendent curieux de voir ce que le groupe peut proposer sur la longueur d’un album. Tout porte à croire que ça devrait casser des culs.






Brasser la merde
5 commentaires
GrégoTronc
toutes ces chroniques cassent des culs! On aime!
SEN
Il y a aussi des trucs sympa dans les albums de KISS THE ANUS OF THE BLACK CAT qui est égaelment un groupe belge méconnu, notamment sur leur second album...
Roger Pierre
Bordel je savais pas pour le batteur de Girls in Hawaii (groupe que je chérie). J'espère qu'ils vont revenir.
Roger Pierre
*chéris
Mattooh
Oui ils reviennent, chéri. Un album est en préparation.
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