silent weapons for quiet wars

Pochette de Dutch Tvashar Plumes

chronique · 26 novembre 2012 · Techno / House

Lee Gamble

Dutch Tvashar Plumes

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

par B2B

J’hésite encore entre le foutage de gueule et l’exercice de style prétentieux concernant ce Dutch Tvashar Plumes de Lee Gamble (nouvel onglet).

Parce que depuis que ce surestimé d’Actress enflamme la presse, dès qu’un mec donne dans le bidouillage électronique cheap, on crie au génie. A croire que les recherches musicales sont apparues en 2012. Euh, ça vous dit quelque chose le GRM, Pierre Schaeffer, Parmegiani, tout ça ? Parce que quand j’entends aujourd’hui un mec faire trois bleeps sur une machine pour ensuite s’amuser à les répéter en jouant sur le rythme et en triturant deux boutons et demi, je suis un peu emmerdé pour lui. Les recherches musicales existent pourtant encore mais il faut plutôt regarder du côté de Keith Fullerton Whitman et Roly Porter pour l’expérimental ou Emptyset et toute la clique Raster Noton pour la techno, plutôt que du côté de ces mecs encensés pour une raison occulte (enfin pas vraiment, tant ces arrivistes ont toujours l’air cool sur ces photos, ce qui est bien plus vendeur vous en conviendrez). Ca, c’était pour le coup de gueule. Passons.

Lee Gamble est un inconnu au bataillon médiatique. L’anglais aurait passé sa jeunesse à mixer de la jungle avant de progressivement se diriger vers des sons que l’on qualifiera simplement de plus respectable. Dutch Tvashar Plumes est son aboutissement. Et autant dire qu’on s’emmerde fermement à l’écoute d’un tel projet. Mais quel est l’intérêt de sortir un tel truc ? Je suis sérieux là. Le pire c’est qu’on tente de nous faire croire que c’est la musique « post-indus » pour ravers. La blague ! Ah si, j’avoue que le rendu sonore est parfois intéressant, notamment dans sa tentative d’inverser les codes en redéfinissant la base. Autrement dit, vous évoluez initialement dans une nébuleuse instable, sorte de magma sonore, dont Lee Gamble en tire des sonorités tremblantes. Sur le papier ça a l’air captivant mais une fois entre les oreilles, c’est totalement vain. On est en pleine branlette pseudo-intello et j’imagine déjà les poseurs adopter une attitude profondément réflexive à l’écoute du risible ping-pong électronique de Barker Spirals. C’est cheap, c’est léger, ça se tripote avec deux bouts de sons et ça pense être avant-gardiste.

Dutch Tvashar Plumes est une pure esbroufe visant à se donner une contenance. C’est vraiment dommage pour Lee Gamble car on sent que le mec en garde sous les semelles. Son Plos 97s en forme de techno souterraine bleepée et son Kuang Shaped Prowla drone-ambient porté par un beat orageux sont de belles promesses. Mais cela ne suffit pas à faire oublier le reste.

A trop se prendre pour un génie de l’expérimentation électronique, on finit par devenir son propre cliché. Mais remettons les choses à leur place car ce Dutch Tvashar Plumes de Lee Gamble vaut cependant bien plus que la dernière bouse d’Actress. Il va juste falloir comprendre que les geeks actuels qui bricolent sur des machines old-school relèvent autant de la posture que de l’imposture.

B2B

Brasser la merde

9 commentaires

  1. Moritz

    Ajouté à la playlist "partay" après exactement 58 sec d'écoute.

  2. Julien_LL

    J'aime bien défendre des Anglais souvent incompris ici (ex : Actress que j'adore), mais là, ça paraît difficile. Faut voir que ce type n'existait pas il y a deux mois et aujourd'hui, il est quasiment présenté comme le Jeff Mills du hardcore continuum. Mouais, c'est à se demander si les journalistes Anglais sont pas en train de nous refaire le même coup que pour les groupes de rock en The au début des années 2000.

    1. B2B

      C'est aussi l'impression que j'ai : un buzz monté par les journalistes. Pour le moment, il n'existe aucune critique négative de l'album de Lee Gamble. La presse est unanime et crie au génie. Tout cela est bien louche.

      Et pour Actress, c'est une autre histoire. Son succès m'échappe, sa musique encore plus.

  3. JK

    Mais c'est une blague ce truc, c'est pas possible... j'ai rien écouté d'autre que la piste YouTube proposée, m'enfin je suis pas sur d'avoir besoin d'en entendre plus. C'est juste chiant à mourir, c'est vide de sens, j'ai eu l'impression d'écouter le 1er essai sur FruityLoops d'un ados.

    1. B2B

      Le pire c'est que la piste proposée est le meilleur morceau de l'album, le seul moment que j'ai trouvé "intéressant" (et je le pense vraiment, ce morceau est assez fascinant dans sa structure et son équilibre).

  4. Julien_LL

    J'espère qu'il y aura quelques collaborations entre Lee Gamble et Hype Williams. Là on se marrera pour de bon.

    1. B2B

      T'es con ! Hype Williams putain ! La plus grosse arnaque de ces dernières années (rho, le live à la Villette Sonique, c'était du petit lait... jamais vu un concert aussi poilant).

  5. Pouic Pouic

    Il faut jeter une oreille sur "Diversions 1994-1996" du bonhomme ! Bien plus interressant !

    1. noisyrequiem

      tout à fait, un pur bijou

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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    En attente