
S'il y a bien un label qui est resté fidèle à lui même depuis sa création, c'est Border Community (nouvel onglet). Mené avec justesse par James Holden, la petite entité anglaise sort régulièrement, depuis 10 ans, des albums de techno dopés à l'esprit trance. Et même si le rythme des sortis s'est ralenti, chaque année apporte sa pépite (rappelez vous le génial The Inheritors du boss en 2013). Pour la cuvée 2014, le label joue la carte de la sécurité en misant sur Luke Abbott (nouvel onglet), déjà auteur du lumineux Holkham Drones en 2010, mais cette sécurité n'est qu'illusoire tant l'anglais s'écarte des schémas binaires pour se concentrer sur l'aspect cosmique.
Wysing Forest est la geekerie la plus trippée de l'année, haut la main. Le petit Luke est allé s'enfermer en résidence dans le Wysing Arts Centre (nouvel onglet) pour être livré à lui même devant une tripotée de machines. Et vu l'accointance du mec pour les synthés modulaires (il confectionne lui même ses instruments), on l'imagine tel un gamin devant toutes ces bizarreries.
Luke Abbott s'est donc offert la caverne d'Ali Baba, le temps de pondre un album affranchi, indomptable et un poil hermétique. C'est que l'anglais ne s'est pas posé de questions concernant la réceptivité public d'un tel projet. Il n'en fait qu'à sa tête, triturant à tout va ses synthés, sans chercher une quelconque cohérence, que ce soit rythmique ou mélodique. Les 9 titres semblent très improvisés tout en étant finement maitrisés. On sent bien qu'avant d'appuyer sur REC, le mec a pris le temps de domestiquer ses jouets.
Le résultat est une rencontre hybride entre l'odyssée cosmique et le trip hippie. On est loin des plages techno habituelles de Border Community puisqu'il n'y a qu'un seul titre techno dans le tas : Free Migration, fidèle à l'esprit de James Holden dans ses embardées trancey rebondissantes et extasiantes. Le reste est une lente procession synthétique sensible. Comme toujours chez Border Community, le mixage joue la carte des montagnes russes pour mieux laisser vivre les machines. Ca tâtonne en permanence, laissant ainsi l'imprévisible surgir à n'importe quel instant. Il en résulte un album à la poésie un brin surréaliste, dominé par des titres épiques comme l'odyssée d'Amphis et ses 12 minutes de dialogue spatiale insaisissable.
Cependant, cet album est a réservé aux fans de geekeries labellisées GRM. Parce qu'elles sont bien trippantes ces modulations, mais elles sont aussi profondément absconses et en laisseront plus d'un de marbre.
Wysing Forest est un OVNI dans le paysage électronique 2014. Vous vous devez d'écouter au moins une fois cet objet étrange, ne serait-ce que pour vivre votre premier voyage hippie dans l'espace. Vous allez gober un arc-en-ciel dès les premières mesures et avec un peu de chance, vous vivrez un sacré trip.






Brasser la merde
1 commentaire
Damien
C'est vrai que c'est un chouette album. Voilà un type qui fait de choses nouvelles et très belles. J'écoute encore son premier album avec autant de plaisir, et comme il est bien plus funky et plein de mélodies mélancoliques que celui-là, tout ce que j'aime, bah celui-là m'avait déconcerté. Mais il a la classe aussi, après quelques écoutes dans le train.
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