
chronique · 10 novembre 2012 · Rock / Folk
Menomena
Moms
Un album à offrir pour la fête des mères ou à écouter en famille.
par Booboow
Brent Knopf (claviers, guitare et samplers) parti privilégier son autre projet (Ramona falls), Danny Seim (voix, batterie, percussions) et Justin Harris (voix, guitare, basse, synthé etc.…) se sont retrouvés bien seuls... Abandonnés par leur compère de toujours comme ils l'avaient été dans leur prime jeunesse par leurs parents (Justin élevé par sa mère seule, son père étant parti voir si l’herbe était plus verte ailleurs et Danny par un père distant et froid après la mort de sa mère).Tous ces sentiments refoulés depuis des lustres ont alors refait surface. Danny et Justin décident que cette sensation de rejet, ces non-dits familiaux et les difficultés relationnelles parent/enfant seront au centre de leur nouvel album Moms.
Les paroles se veulent logiquement plus personnelles. Elles font état des joies (Plumage) et peines familiales (Heavy as heavy does : ‘Heavy are the branches, hanging from my fucked-up family tree'), de l’absence de communication (Pique), de la nostalgie (Capsule), de l’incertitude des souvenirs (Baton : ‘I wish I could remember if my last words were sincere’), du pardon (Giftshoppe : ‘I’ll forgive but not forget’). Tout un programme ! Heureusement les chansons sont bien plus poignantes que plombantes ou gnangnantes (style… (Désolé)).
Le contraire aurait été étonnant puisque cela fait plus de 10 ans que Menomena (nouvel onglet) perfectionne sa pop tarabiscotée, basée sur des loops et portée sur les mélodies. Avec ce cinquième album à la pochette plutôt moche (par rapport au sublime artwork réalisé par le dessinateur Craig Thompson pour Friend and foe) la formule reste la même. A la seule différence que les compositions, à l’instar des paroles, gagnent en profondeur et en amplitude. Le groupe possède une particularité qui va faire froncer les sourcils à plus d’un d’entre vous… le saxophone ! La première écoute fera changer cette soupe à la grimace en miel, ne vous en faites pas. Il est utilisé avec parcimonie et apporte une classe Morphinesque à certains morceaux (Pique). En plus de cela, les mélodies sont loin d’être doucereuses, pompeuses ou chiantes (la ballade One Horse). Après tout, ces Portlandiens ne sont ni barbus, ni canadiens, et ne portent ni slims ni chemises à carreaux qui grattent. Seul hic, il leur arrive d’avoir des moustaches dégueulasses... Un peu comme leurs vieux géniteurs les remplaçant sur leurs toujours hilarantes photos promo cuvée 2012.
Il semble utile de préciser que Joe Haege (des géniaux 31 Knots) appelé en renfort sur la tournée de Mines ne sera pas présent en 2012. Par contre, 3 musiciens additionnels prêteront main forte à Danny et Justin pour donner une nouvelle lecture de la pop alambiquée du groupe lors de la prochaine tournée.
Menomena se livre à nous comme jamais tout en prenant des chemins de traverse musicaux pour mieux faire mouche à chaque fois. Le groupe est devenu sa propre référence en passant à l’âge adulte et nous livre l’album pop de l’année, rien de moins. N’en déplaise aux fans de Grizzly brrrrrr et autres Beach Bouse…
Parler de Moms sans mentionner le complexe d’Oedipe : Check !






Brasser la merde
2 commentaires
Georges White
Pas encore écouté mais Morphine c'est vraiment la classe.
clo
J'aime beaucoup menomena, mais je trouve assez ridicule la fin de la chronique, je pense pas que ça apporte grand chose d'opposer, de dénigrer certains groupes (et souvent ceux qui ont du succès)...sans aucune justification...(bref, j'aime menomena....et grizzly bear)
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