silent weapons for quiet wars

chronique · 30 mai 2013 · Techno / House

Moiré

Rolx EP

par CMPTD\\Void

Il y a de cela trois mois, Werc Disc – le label de Darren Cunningham - et Ninja Tune sortaient conjointement un Extended Play du nom de Never Sleep. Son auteur, Moiré (nouvel onglet), vraisemblablement londonien et bien au fait des pratiques et tendances en matière des musiques électroniques contemporaines, ne manquait pas de s’adonner à un anonymat des plus complets / complaisants – avouons-le tout de même ça en devient frustrant à force –. Pour cette raison, et cette dernière uniquement, vous ne trouverez pas les trépidantes aventures du petit Moiré en vacances, se bâfrant de glaces sur Brighton Pier dans les lignes suivantes. Que de déception, je sais.

Trêve de verbiage, ce Never Sleep EP n’était pas parfait, loin s’en faut, mais témoignait néanmoins d’une approche originale mêlant nonchalamment mais adroitement Techno, House, Electronica et Bass – son auteur, M le Maudit, qualifie son œuvre de « London Techno » –. Loin de révolutionner quoi que ce soit, cette première release avait malgré tout attisé notre curiosité grâce à des égarements suintant la maîtrise mal camouflée : la violence émoussée de Drugs (nouvel onglet) et son peak time pour émeutiers ; ou encore Lose It (nouvel onglet), soit l’art d’exploiter la dissonance entre des vocaux lascifs et un kick castrateur. Nous pourrions en déduire un penchant pour le clair-obscur de la part de leur auteur, mais ne cédons pas à la paresse intellectuelle, s’il vous plait.

C’était donc avec une impatience lancinante mais contenue – un peu de tenue tout de même – que nous guettions la nouvelle sortie du garçonnet. Passée l’orée du bois, la première écoute distraite voire même sceptique, l’enchevêtrement foutraque de samples vocaux défoncés au proto, de nappes hydrocarbures bouillonnantes – Cf. I Don’t Get It – et percs intentionnellement muselées qu’on nous balance à la gueule aussi crument que cela, et bien voilà, cela laisse pantois, meurtris bref, conquis.

Inutile de nier l’évidence, les similitudes avec les créations Electronica / Deep House camées d’Actress sont clairement au rendez vous. Ce que nous retrouvons ici n’est pas pour déplaire : de ci de là, des fragments de porcelaine, de vocaux black, crasseux à souhait, grossièrement dépoussiérés – cf. Real Special –. Nous reconnaissons également des visages aussi familiers qu’inquiétants dans les teintes lunaires / brumeuses chères à l’ami Darren, le glitch adroitement feint aussi – cf. Rolx –, la minutie presque obsessionnelle apportées aux textures enfin – il en va de même pour les visuels du teaser (nouvel onglet) –. Peut-être d’ailleurs est-ce là que réside l’attrait de ce Rolx EP… Une sympathique saloperie, frissonnante presque souriante malgré la rigueur des schémas qui y sont étayés. Rigueur n’est pas nécessairement synonyme de rectitude et cela, Moiré l’a bien compris, le bougre. Les arrangements détaillés ici ne cessent de se mouvoir machinalement, les synths de se cabrer, le plastique de fondre. Contre pieds habiles.

Moites et ivres, nous déambulons à travers ces 19 minutes comme dans une fête foraine, la vue troublée et le souffle court mais en constant émerveillement. Des lucioles, des néons hoquetants, du bruit encore et des rires, déments, à en régurgiter de plaisir. La fureur sourde, toujours présente et le scintillement, de façon certaine, font de cette « London Techno » qui n’en a que le nom, un bien fascinant manège.

▶ Lecteur externe (nouvel onglet)

CMPTD\\Void

Brasser la merde

1 commentaire

  1. Georges White

    Boulette ce Rolx qui rappelle à de nombreux égards le Cosmin TRG première mouture (aucuns mots sur Rush Hour, dommage).

    ce pseudo est à toi ? entre ton ticket

    pas de compte : ton pseudo est protégé par un ticket que ton navigateur garde pour toi.

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