S’il y a bien un label à suivre de près ces derniers temps, c’est L.I.E.S Records (nouvel onglet) (pour Long Island Electrical Systems), écurie de pointe établit du côté de Brooklyn. Promu « meilleur label 2012 (nouvel onglet) » par le mastodonte Resident Advisor, l’effervescence est aujourd’hui de mise autour de son gourou et boss, Ron Morelli (nouvel onglet). C’est que L.I.E.S. n’est pas une machine à danser, ni même une machine à penser. Non, L.I.E.S. est un trouble-fête, un organisme injectant du sang neuf dans la techno et la house, en se jouant des codes et des modes. Ron Morelli a bien compris que pour insuffler du neuf dans le système, il fallait le broyer, avaler son passé pour mieux le digérer avant de le vomir salement à la gueule du public.
L’an dernier, Ron Morelli a ainsi sorti une tripotée de maxis afin de tenter d’envahir le monde. Mais ses armes sont bien trop radicales pour pouvoir convertir les masses. L.I.E.S. ne s’adresse qu’aux initiés. Pour dépasser le succès d’estime, il a fallu faire appel à des valeurs sûres, mais hautement perchées, telles Maxmillion Dunbar ou Legowelt. Mais le meilleur ne se trouve pas là, vous vous en doutez. Si vous voulez déchiffrer L.I.E.S., penchez-vous plutôt sur la house cradingue (nouvel onglet) de Delroy Edwards, sur les digressions chamaniques (nouvel onglet) de Professor Genius ou bien encore l’ésotérisme droguée (nouvel onglet) de Jahiliyya Fields. Vous comprendrez alors que L.I.E.S. n’obéit à rien si ce n’est à son instinct primaire, et c’est encore le cas avec Vereker (nouvel onglet).
Oliver Vereker est une énigme, on ne sait rien de lui si ce n’est qu’il est basé à San Francisco. En voilà encore un qui nous joue la carte de l’anonymat (décidément, c’est presque devenue une obligation ces derniers temps), mais passons. Vereker sort coup sur coup 2 EP contenant chacun 3 titres. Difficile de les dissocier tant ces derniers se répondent et finissent par former un mini-album.
On parlait récemment de la « street credibility » de Kyle Hall avec le retour d’une house analogique crade mais ô combien jubilatoire. Avec Vereker, se poursuit l’idée que loin des figures hautement techniques et du sound-design maousse de la techno actuelle, émerge un contre-courant adressant un doigt d’honneur à toute cette scène. L’analogique old-school est de retour et il a décidé d’être outrancier, spontané et dégueulasse.
Vereker s’amuse comme un punk avec ses machines poussiéreuses, les poussant dans leurs ultimes retranchements. L’impression de se faire violer auditivement est à accepter si l’on veut tenter d’apprécier cette techno tactile et mutante. L’esthétique DIY est tellement brut qu’elle en devient grisante. On s’imagine ainsi Vereker dans sa cave, créant ses morceaux en one-shot, le volume au max, la saturation à son paroxysme, en se disant : « Tant que c’est audible, ça passe ».
Le résultat est une techno compacte et radicale. L’EP se structurant autour du track Rosite est clairement le plus noise. De larges rayures viennent strier le spectre sonore de Rosite et Disconnect pour aboutir à une masse organique gluante, avant que de lugubres voix sci-fi viennent assombrir le terrible Falling. L’autre EP s’avère plus facile d’accès. On se laisse porter par la techno analogique brouillonne de Fear Eats The Soul, avec ses montées acide sursaturées, pendant que les vrombissements tentaculaires de Next et la répétitivité autiste de Untitled excluent la tendresse. On ressort épuisé mais grisé.
Vous aurez compris qu’il est urgent de se précipiter sur ces deux EP de Vereker, et plus largement sur l’ensemble du catalogue de L.I.E.S. Records. On tient là une des propositions les plus audacieuses de ces dernières années, annonçant le retour en force d’une esthétique DIY et d’une musique sans compromis.






Brasser la merde
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Benito
Et aussi Svengalighost http://www.youtube.com/watch?v=mvgEE-fVslM
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