silent weapons for quiet wars

Pochette de Borderland

chronique · 13 juin 2013 · Techno / House

Juan Atkins & Moritz Von Oswald

Borderland

par B2B

Toujours les mêmes mots, toujours la même rengaine qui revient lorsque l’on parle de dub-techno : métronomique, rond et hypnotique. Alors oui, Borderland de Juan Atkins & Moritz Von Oswald cumule effectivement ces trois clichés (fort heureusement d’ailleurs) mais il le fait avec attention et respect.

Lors de la chronique de l’excellent Pacifica de Segue, on avait déjà soulevé le problème qu’il y a à écrire sur une musique qui s’écoute mais ne se pense pas. La dub-techno est conservatrice et n’aime pas les imprévus. C’est ainsi que seul 2 ou 3 albums sortent péniblement du lot chaque année. Et comme tout est une question de régularité, voilà la deuxième fournée intéressante du cru 2013 : Borderland.

La chronique sera nécessairement courte tant il est vain de chercher à intellectualiser le projet. Derrière Borderland se place deux légendes du milieu techno et dub : Juan Atkins (nouvel onglet), pionnier de la techno de Detroit, aussi bien connu sous l’entité Model 500 que Cybotron, fidèle au support analogique, et Moritz Von Oswald (nouvel onglet), figure du mouvement dub-techno allemand via Basic Channel et ses nombreux projets parallèles (de Rhythm & Sound à Maurizio). Nos deux cinquantenaires se sont déjà croisé à maintes reprises mais n’ont jamais collaboré le temps d’un album.

Borderland présente 8 séquences se structurant principalement autour d’une variation. C’est ainsi que 3 morceaux (pour plus de 30 minutes, ce qui représente une bonne moitié de l’album) vont voir se déployer le même thème : un dub nocturne et dépouillé. Le meilleur des 3 titres étant clairement le premier sur la tracklist, Electric Garden (Deep Jazz In The Garden Mix), qui tout en plaçant chaque élément au moment adéquat n’en oublie pas d’éviter l’ennui via un doux cuivre finement situé en retrait. L’Electric Dub, qui lui répond, est encore plus austère tout en réussissant à devenir quasi charnel. Tout au plus peut-on s’interroger sur l’utilité de répéter le morceau une troisième fois sur un Electric Garden (Original Mix) qui tombe dans une redite franchement dispensable.

Mais alors que l’influence de Moritz Von Oswald, avec son travail rythmique, était jusqu’à maintenant la plus visible, c’est ensuite au tour de Juan Atkins de prendre les commandes sur un Treehouse dub-house simpliste et sur un Digital Forest plus prenant, si ce n’est carrément orienté pour les clubs. Atkins peut ainsi faire parler ses boucles analogiques, tout en prenant soin de toujours rester suffisamment en retrait pour que le charme puisse insidieusement opérer.

Borderland n’est pas un grand album, mais seulement une bonne leçon de maitrise patriarcale. Moritz Von Oswald et Juan Atkins se complètent avec discrétion, dans un souci de ne pas froisser les oreilles de l’auditeur. Voilà pourquoi cet album paraitra excessivement austère pour certains alors même qu’il ne fait que respecter fidèlement les codes dub-techno gravés dans le sillon.

B2B

Brasser la merde

2 commentaires

  1. theo

    Profondément captivant.

  2. Krrrzz

    Profondément chiant plutôt !!

    Bien que fervent admirateur de Oswald-Atkins et grand amateur de dub techno, je suis bien déçu. Je trouve cet album pompeux et assommant. Le sound design est tellement poussé qu'il en devient écoeurant. La créativité et l'émotion manquent aussi. Un album très moyen en comparaison des pure perles qu'il sont capables de produire !

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