
chronique · 2 septembre 2013 · Rock / Folk
Speedy Ortiz
Major Arcana
Quelques fois, très rarement, quasiment jamais, un groupe de rock indépendant réussit à se différencier d'une mode, un genre. Et ça devient de l'ordre du miracle quand c'est au 21ème siècle, à l'heure où l'on peut déceler en quelques clics d'esthète médisant si ledit groupe a plagié une bande d'inconnus ayant sorti un ep 4 titres à Boston en 1991. Je parle de Boston en 91 parce que Speedy Ortiz, s'il faut lâcher les comparaisons futiles en tête, ont pour principaux parents musicaux Pixies, Breeders, et élargissons même à la Côte Est avec Fugazi, Sonic Youth et Nirvana.
par Hank
Mais ce lourd héritage, Major Arcana n'en fait qu'une bouchée et vous le fait oublier en deux coups de Vic Firth. On trouve ici un quatuor fan de grunge, noise et indie-rock, qui ne sonne jamais totalement comme l'un des trois, et c'est là tout l'intérêt. Les textes sont appliqués (haines et désespoirs amoureux imagés), les dissonances accrocheuses, la session rythmique en roue libre, et les refrains fuzzy sortis de nulle part et aussi bandant qu'une soirée avec la chanteuse de Queen Adreena. Ces transitions entre un bad-trip aux mains molles et un riff saillant sont la première réussite de Major Arcana ("Pioneer Spine", "Hitch", "Plough"). Tout est bordelique et construit, vous voyez ? Ensuite, il y a cette chanteuse, Sadie Dupuis, le concentré vocal idéal : jeune fille cynique et rageuse avec beaucoup de choses à dire. Tout comme les mélodies, elle aime les montagnes russes, les phrases trop longues qui passent sans explication, et les éclats émotionnels au milieu d'un champ d'aigreur.
Et enfin, on arrive aux tubes. Oui, aux tubes. Parce que ce disque comporte des morceaux à faire frémir vos K7 faites maison de l'époque où s'habiller mal n'était pas tendance : "Tiger Tank" et sa précision de bulldozer, "Cash Cab" avec sa batterie incendiaire et son riff vicieux à vous faire pousser les cheveux (orgasme), la ballade teenage magnifique « No Below », et le finish poisseux de "MKVI" … Et les choeurs, je vous ai parlé des choeurs que la petite chanteuse barbouille ici et là pour adoucir les coups de larsen ?
Major Arcana est non seulement un disque brûlant d'énergie, mais aussi un cours magistral pour tout fan de maîtrise sonique cette année.






Brasser la merde
3 commentaires
Hank
ERRATUM: Nirvana est de la côte ouest bien évidemment (Aberdeen, Washington), la relecture est une activité importante et chiante, et j'emmerde tous les commentaires qui vont suivre qui n'ont pas lu celui là. Bisous.
PLAYSTATION4
Encore un mec qui connaît rien à Nirvana
Globule
Mais Hank, tu déconnes, Nirvana, c'est de la côte Ouest ! Ah pardon, je viens de lire ton Erratum. Non, sérieusement, je suis en train d'écouter, ça sonne bien ! C'est vrai qu'il y a un peu de tout là-dedans, les vieux groupes qu'on écoutait avant de tomber dans la marmite techno. Bref, j'aime bien. Merci pour la chronique !
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