chronique · 3 septembre 2015 · Rock / Folk
Wavves x Cloud Nothings
No Lite For Me
C'est pas bientôt fini, toutes ces putains de collaborations ?
par Blacksad
Parce que ça peut paraître très cliché, mais je commence à en avoir carrément la claque de toutes ces putains d'annonces méga bandantes de formations géniales qui se décident à branler les manches/synthés ensemble. Sérieux, entre le Suuns & Jerusalem In My Earth, FFS (Franz Ferdinand et Sparks, tout à fait recommandable) et même ce putain de Mark Kozelek bossant avec Rachel Goswell de Slowdive, je commence à me demander si on va pas tomber sur des trucs de plus en plus absurdes.
Mais l'année 2015 c'est aussi l'année des albums surprises, et là, avec No Life For Me, on touche le gros lot : ça sort comme par magie, et ça fait collaborer des rockeurs psychédéliques un poil ringard et le meilleur groupe de Power Pop du monde, Cloud Nothings. Alors ça fuzz, ça crie, c'est plus ou moins psyché, et c'est du lourd pendant 20 putains de minutes.
Évidemment, c'est le bon moment pour cracher sur l'album. Les vaches aigres sont déjà parties pour pisser sur ce skeud méga court, qu'on se mange dans la face presque sans explications. Mais je me vois contraint de rejoindre le camp des chèvres so indées. Ce serait se tromper sur l'intention de Nathan Williams et Dylan Baldi de penser que cet album se veut une vraie avancée dans leur carrière. No Life For Me est un disque sans prétention aucune, un bijou de rock indé niaiseux, une bonne vieille mandale adolescente. La pochette, criarde et laide, et la sortie, inattendue, en sont le reflet : il n'y a strictement rien que du fun en barres sur ce skeud, ça sent la bière et la pisse et quelque part c'est franchement cool.
Car si on omet l'horrible Untitled II, d'un mauvais gout certain, il n'y a rien que du bourrinage rigolo sur ce No Life For Me. De la pop rock lo-fi, des grattes qui grattent et des claviers baveux, je n'en veux pas plus et je m'imagine pogoter le sourire aux lèvres. T'as Come Down qui aurait fait le bonheur d'un one hit wonder des années 90, la track-titre garage qui me secoue la gueule à chaque fois que je la lance, une ou deux perles plus posées à la Pavement. Pendant 20 minutes, ça te tartine la gueule avec des putains de grandes gamelles.
Je n'ai jamais aimé Wavves et j'avoue que le dernier Cloud Nothings m'a laissé un gout de rouille dans la bouche. Mais même en m'attendant à une légère catastrophe, je me suis laissé enflammer la gueule par un bon petit album de pop naiseuse. Évidemment, Cloud Nothings et Wavves sont très loin d'avoir transcendé les frontières du rock pour te sortir l'album de rock lo-fi le plus ambitieux de ces dix dernières années, mais il s'écoutera sans la moindre trace de lassitude pendant un mois, 6 mois, un an. Déjà parce qu'il est (très) court, mais surtout parce que ses mélodies s'imprègnent dans ma mémoire et qu'il est méga cool. Ni plus, ni moins.






Brasser la merde